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Pascale Soleil nous parle de l’exposition Jean Le Moal au Musée de Valence

Pascale Soleil nous parle de l’exposition Jean Le Moal au Musée de Valence

29 juin 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Pascale Soleil, la directrice du Musée de Valence, nous parle de l’exposition Jean Le Moal qui se tient jusqu’au 7 janvier.

Vous présentez une exposition Jean Le Moal, ayant comme titre les dates de sa vie. Pourquoi avoir choisi d’exposer ce peintre ? Et pourquoi sans thème particulier ?

C’est une excellente question. Jean Le Moal est une des grandes figures de la peinture française moderne du 20e siècle dont l’œuvre n’a pas été montrée depuis fort longtemps et dans toute sa dimension historique et artistique. Entourée de préjugés, son œuvre a été confinée aux années 1950, et les commissaires de l’exposition ont souhaité la relire en montrant sous toutes ses facettes, sa dimension historique et les champs d’expérimentation (théâtre, vitrail, sculpture) que l’artiste. C’est une des raisons pour lesquelles, après de longues discussions, il a été choisi de ne pas donner de sous-titre à l’exposition, afin de ne pas la cantonner une nouvelle fois à une période, ni l’assigner à un thème mais, par ces dates de naissance et de mort, insister sur une œuvre sans frontière, l’œuvre d’un artiste qui a traversé le siècle et qui tient et se comprend toute entière dans la personnalité singulière de cet artiste.
Jean Le Moal se sentait « d’une terre, d’une mer et d’un ciel ». Comme le nom breton de son père ne le dit pas, il est né en Eure-et-Loire et a passé une partie de son enfance en haute Ardèche, où sa grand-mère tenait l’hôtel des Voyageurs à Saint-Pierreville. Après la mort de sa mère, il passera de longs moments entre l’Ardèche et la Bretagne, le pays de son père. Il travaillera dans trois ateliers : son atelier parisien rue Leverrier, un vieux moulin en Bretagne, à Larmor-Baden dans le Morbihan et à partir de 1963 son atelier à Alba-La Romaine. C’est à Alba qu’il aimera travailler ces très grands formats ; là où il renouvellera son désir de peintre qu’il décrit lui-même comme une « fringale », une frénésie.

 Le musée de Valence Art et Archéologie possède-t-il des toiles de Jean Le Moal ?

Oui, une œuvre magnifique,Jardin, un grand format des années 1960 (déposé dès 2009 à Valence par le Musée national d’art moderne /Centre Pompidou), est exposée depuis 2013 au sein d’un ensemble thématique de paysages modernes et contemporains intitulé « Voyage sans boussole » réunissant Pierre Alechinsky, Gilles Aillaud, Joan Mitchell et Sophie Calle, entre autres. Le musée de Valence conserve par ailleurs un ensemble représentatif des artistes de la génération de Jean Le Moal, dont certains furent de ses amis proches (le sculpteur d’origine drômoise Etienne-Martin, par exemple). Faire le choix d’une exposition consacrée à Jean Le Moal, c’était donc s’inscrire dans l’histoire de nos collections, dont le paysage est le thème fédérateur et résonner avec l’identité de notre musée. C’était aussi s’inscrire dans le cycle des relectures des œuvres, des artistes, dont l’exposition constitue, dans les musées, le vecteur principal.

 Quelles vont être les propositions de parcours proposés au public, par exemple, avez-vous pensé un parcours jeune public ?
Comme commissaire général de l’exposition à Valence, je porte une attention toute particulière au parcours du visiteur dans l’exposition. Avec le commissaire scientifique, l’historien de l’art Philippe Bouchet et toute l’équipe du musée, nous avons écrit un scénario qui se développe en six séquences principales, timbrées chacune par le titre d’une de ses œuvres, dont un intermède consacré à l’expérience théâtrale et à l’art du vitrail qui occupèrent de très longues années. La scénographie accompagne le visiteur dans sa découverte tout en restant au service des œuvres. Chaque séquence est introduite par un texte bilingue permettant de suivre les différentes phases de la carrière de Jean Le Moal, complété ou non par une signalétique « pour en savoir plus » permettant au visiteur d’aller plus loin s’il le souhaite.
Le jeune public est toujours au cœur de nos préoccupations. L’équipe de médiation du musée a conçu un espace ludique dans l’exposition. Le livret-jeu (dont le jeu-concours des Amis du musée) permet une découverte de l’exposition. L’espace offre aussi une expérience de réalité virtuelle, à partager en famille, permettant de découvrir les formidables vitraux réalisés par l’artiste dans la cathédrale de Saint-Malo. Des ateliers pour jeune public complètent durant toute la découverte de l’exposition. En fait, au musée de Valence, nous sommes attachés à la mixité de nos publics et cette exposition doit être ouverte à tous.

Visuel : affiche

Du 25 juin au 07 janvier de 10:00 à 18:00
Musée de Valence 4, place des Ormeaux
site web

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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