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Mondrian Figuratif au Musée Marmottan-Monet

Mondrian Figuratif au Musée Marmottan-Monet

13 septembre 2019 | PAR Pierre-Lou Quillard

Jusqu’au 26 janvier, le Musée Marmottan-Monet propose une exposition aussi étonnante qu’inédite (pour une majorité des œuvres présentées) sur le parcours figuratif méconnu de Mondrian. 

Tout le monde connaît son œuvre iconique faite d’axes en quadrillages géométriques sur fond blanc parsemé de carrés aux couleurs vives… de quoi habiller une femme avec élégance si l’on en croit Yves-Saint-Laurent. Le peintre d’origine hollandaise Piet Mondrian (1872 – 1944) qui fut membre du groupe de Stijl est en effet reconnu comme figure éminente de l’abstraction et du néo-plasticisme. Inspiré par les architectures rectilignes modernes et les quadrillages urbains des grandes métropoles américaines en construction… l’artiste recherche pourtant toujours son inspiration et ses sujets dans la réalité ce qu’atteste son parcours figuratif au début de sa carrière. Moins connue du grand public, cette facette de l’œuvre de l’artiste est pourtant passionnante. Elle révèle son long cheminement, quittant peu à peu la tradition naturaliste pour entrer dans la modernité. Cet itinéraire figuratif qui s’échelonne entre 1891 et 1920 fut en grande partie capté par le plus important collectionneur de l’artiste, Salomon Slijper qui a réuni près de cent quatre-vingts peintures et dessins de l’artiste et qui fut aussi un grand soutien financier pour l’artiste dans des périodes difficiles.

Le Musée Marmottant-Monet réunit une soixantaine d’œuvres issues de cette collection pour cette exposition-événement organisée en partenariat avec le Kuntsmuseum Den Haag (la Haye). Evènement ? La moitié des œuvres n’ont encore jamais séjourné à Paris tandis qu’un tiers n’y a pas séjourné depuis plus de 20 ans ce qui fait de cet accrochage une occasion unique de découvrir cette facette de l’œuvre du peintre.

Pour l’occasion, le Musée Marmottant s’est mis aux couleurs de l’artiste. Les murs de l’exposition donnent dans les couleurs primaires de la palette néo-plasticienne de l’artiste : rouge, jaune et bleu. Dès l’entrée, le choix assumé d’opposer deux périodes de l’artiste donne le « La » à l’exposition. Le Lièvre mort (1891) est une nature morte d’un naturalisme saisissant. Les teintes brunes rappellent la tradition de la peinture Hollandaise du XVIIème, une source d’inspiration pour le jeune Mondrian qui n’a alors que 19 ans. Face à lui, une composition de 1914 présente des lignes épurées qui forment d’innombrables carrés aux teintes pastelles. Entre ces deux périodes, il y a un parcours de près de 25 ans de recherches picturales, esthétiques, plastiques, spirituelles pour en arriver à une telle épuration des formes.

Fermes, granges, vaches, bosquets et autres paysages ruraux sont les premiers sujets de l’artiste qui peint dans la pure tradition hollandaise, à la manière de l’Ecole de la Haye. Puis la palette raréfiée laisse peu à peu place aux teintes pastelles d’un coucher de soleil et aux coloris vifs et lumineux. L’artiste entre dans la modernité et se présente comme l’un des grands coloristes de son temps. Les influences luministes, impressionnistes ou fauves deviennent évidentes. Mondrian se détache progressivement de la représentation du visible pour rendre compte symboliquement « des fondements même de l’existence ». Il veut atteindre l’essence même, la vérité inhérente à toutes choses, selon la doctrine Théosophique qui l’inspire. On remarque alors l’intérêt croissant du maître pour l’étude des lignes verticales comme dans son Moulin dans la clarté du soleil (1908), l’une des œuvres les plus somptueuses de cette exposition. Côté sujet, il y a des portraits, des autoportraits, des paysages et deux leitmotivs qui ont particulièrement irrigué ce parcours figuratif très hollandais : les fleurs et les moulins que l’artiste a souvent représentés en multipliant les techniques, les recherches graphiques …Preuve que l’on peut être à la fois aux fleurs et au moulin.

 Puis c’est la tentation du cubisme faisant place à la découverte des représentants parisiens du genre (Braque, Picasso…). L’artiste intensifie ses recherches dans la simplification extrême des formes tout en s’inspirant des motifs nouveaux (architectures) pour en arriver aux quelques rares œuvres néo-plasticiennes que possédait le collectionneur qui n’en était pas très friand.

Alors on a envie de dire « chapeau, Piet ! » et ne ratez pas cette belle occasion de découvrir jusqu’au 26 janvier un autre Mondrian. 

 

 Commissariat : Marianne Mathieu, Directeur scientifique du musée Marmottan Monet.

 Retrouvez toutes les informations sur cette exposition : https://www.marmottan.fr/expositions/mondrian-figuratif/

INFORMATIONS PRATIQUES :

Adresse : 2, rue Louis-Boilly 75016 Paris

Site Internet : www.marmottan.fr 

Accès : Métro : La Muette – Ligne 9 / RER : Boulainvilliers – Ligne C / Bus : 32, 63, 22, 52, P.C.1

Jours et horaires d’ouverture : Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h / Nocturne le jeudi jusqu’à 21h / Fermé le lundi, le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai

Tarifs : Plein tarif : 12 € / Tarif réduit : 8,50 € / Moins de 7 ans : gratuit

Réservation groupes : Tél. 01 44 96 50 83

Réservation ateliers pédagogiques : Tél. 01 44 96 50 41

Audioguide : Disponible en français et anglais : 3 €

 

© Photographies de l’exposition :  Pierre-Lou Quillard. 

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