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Michelangelo Pistoletto : le paradis se réinvente au Louvre

Michelangelo Pistoletto : le paradis se réinvente au Louvre

24 avril 2013 | PAR Mariska Konkoly

Affiche exposition Michelangelo Pistoletto LouvreDès demain, s’ouvre au musée du Louvre, une exposition qui parcourt les époques d’une ère contemporaine. L’artiste Michelangelo Pistoletto, acteur majeur de l’Arte Povera dans les années 60, dessine un concept impérativement humaniste qui prône une nouvelle naissance à travers le paradis originel et naturel et le paradis artificiel investit par la société. C’est au travers d’un symbole réinventé, le signe de l’infini qui s’est transformé en trois boucles  que le leit motiv de l’exposition prend son essence en miroir.

L’obelisco e Terzo Paradiso s’inscrit comme l’œuvre majeure de l’exposition, en métaphore du temps capturé. A travers cette boucle, baptisée par l’artiste le Troisième Paradis, s’invente un passage infini entre passé, présent et futur. Une œuvre manifeste qui allie le signe et le miroir et tente de garder en mémoire un présent, déjà devenu passé et un futur encore inexistant. L’œuvre du temps s’invite alors en mise en abîme puisqu’elle s’inscrit dans la mémoire du passé à travers les collections du musée. Au-delà du temps, il y a ce message d’espoir, ce supplément d’âme définit par le concept de Troisième Paradis imaginé en une renaissance pour la société de crise actuelle. Un idéalisme parcouru et renversé par l’artiste qui prône un paradis à refaire, à réinventer, comme une essence cosmique. Une histoire qui prend forme à travers l’âge des hommes, tel un discours humaniste du XXIème siècle. Le concept se veut à la fois plastique et philosophique, dessinant les méandres du temps qui se croisent grâce au Troisième Paradis dont l’essence se veut capturée par le miroir dépeint en obélisque.


Oeuvre Michelangelo PistolettoDeux histoires se rencontrent alors au sein du « temple louvresque » où classique et moderne débattent avec habilité. Une scénographie qui prend son sens aux confins des collections antiques, des peintures renaissances qui accueillent en leur sein, l’œuvre contemporaine de Michelangelo Pistoletto. C’est un véritable dialogue qui s’instaure alors entre le spectateur et l’artiste, à travers le miroir. La matière humanisée prête à une nouvelle interprétation, permet de croiser les places et les regards et d’inverser les rôles. C’est avec Tella su Cavaletto, que l’auteur s’amuse avec adresse à mettre en abîme, l’essence de l’autoportrait. Au-delà du miroir, le spectateur devient l’auteur de lui-même, il se positionne en artiste derrière le chevalet ou devient muse. Le jeu s’étend avec Gabbia, illusion visuelle où les glaces et le reflet s’imposent en métamorphose de la prison. A travers le miroir quadrillé symbole de l’enfermement, la liberté physique reste intacte et rentre entre interactivité avec un emprisonnement visuel. Le miroir devient alors icône et symbole, en se prêtant aux questions les plus diverses, renversant les codes en concepts majeurs.

L’exposition baptisée Année 1, Le Paradis sur Terre s’inscrit comme le signe d’une modernité exacerbée et place au centre l’artiste comme orateur d’une époque secouée. Un discours à valeur d’engagement pour l’humanité, qui à travers le reflet tente de garder la mémoire et de visionner un futur meilleur, désigné par le Troisième Paradis. Une aventure qui dépassera les murs de l’exposition durant tout l’été et qui se prolongera au sein de l’auditorium, à travers le théâtre, les performances artistiques, culturelles et pédagogiques. Une histoire à découvrir comme une balade au Louvre, au croisement des miroirs et du temps.

Visuel (c) : Mariska Konkoly, affiche Louvre.

Informations pratiques : Exposition Année 1, Le Paradis sur Terre, du 25 avril au 2 septembre 2013.

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4 thoughts on “Michelangelo Pistoletto : le paradis se réinvente au Louvre”

Commentaire(s)

  • Sylvie Larin

    Boum Bang n’écrit donc plus ses propres articles.

    mai 6, 2013 at 12 h 08 min
  • Gagatoto

    Une chronique d’il y a plus de 2 semaines…

    mai 6, 2013 at 12 h 10 min
  • Gagatoto

    Mouais.

    mai 6, 2013 at 18 h 24 min

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