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Michel Hilaire : « Le musée Fabre comme un havre de paix, un lieu de culture et de délectation »

Michel Hilaire : « Le musée Fabre comme un havre de paix, un lieu de culture et de délectation »

30 novembre 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Du 15 décembre au 6 mars , le Musée Fabre, à Montpellier expose La Beauté en partage 15 ans d’acquisitions au musée Fabre, l’occasion pour nous d’échanger avec Michel Hilaire, conservateur du musée sur la riche histoire de ce lieu. 

 

La beauté ! Quoi de plus relatif ? Quels ont été vos critères de sélection pour puiser dans ce grand fond du Musée Fabre ?

Nous avons pris le parti de la beauté comme fil rouge de toute l’exposition. En ces temps compliqués de crise sanitaire, nous avons choisi le tableau Mariuccia d’Henri Lehmann, un portrait idéalisé et séduisant de jeune Italienne, comme affiche pour inviter le public à venir visiter cette exposition à travers ses 10 sections. Le musée Fabre comme un havre de paix, un lieu de culture et de délectation.

D’ailleurs d’où viennent les collections du musée ? Comment se passent les acquisitions ?

Les collections viennent principalement des trois grands donateurs historiques du musée Fabre : François-Xavier Fabre, Antoine Valedau et Alfred Bruyas. Elles se sont aussi nourries au fil des décennies de dons de collectionneurs et d’artistes, jusqu’à Pierre Soulages en 2005. Au cours de ces dernières années, les conservateurs et moi-même avons essayé de combler certaines lacunes dans les collections en ciblant des achats grâce à la politique dynamique d’acquisitions de la Métropole, tout en restant fidèles à l’esprit de ces donateurs et de la singularité du musée Fabre.

Est-ce que les deux dernières années, la pandémie a eu des conséquences sur les acquisitions ?

Non, le marché de l’art est resté très actif et plusieurs artistes ont fait des dons au musée. On peut même dire que le musée Fabre a eu plus d’opportunités pendant cette pandémie. C’est d’ailleurs pendant cette période qu’a germé l’idée d’une exposition rétrospective des acquisitions du musée Fabre depuis 15 ans.

La Beauté en partage permet de voyager dans l’histoire et la géographie de l’art, la proposition est très vaste. Comment le parcours est-il pensé ?

Le parcours est pensé à la fois chronologiquement et thématiquement. Nous n’avons pas pris le parti de l’exhaustivité, mais plutôt fait le choix de montrer dans l’exposition les chefs-d’œuvre récemment acquis et de proposer des focus au fil des collections pour ramener les visiteurs dans ces espaces du musée. L’exposition aborde des thèmes comme le voyage en Italie, le paysage languedocien ou encore l’abstraction, en réunissant plusieurs artistes aux styles différents autour d’une même thématique. Dans chaque salle, les différents modes d’acquisition et d’entrée dans les collections sont expliqués, comme la préemption, le legs, les donations sous réserve d’usufruit, le mécénat (à travers notamment l’association des Amis du musée Fabre et la Fondation d’entreprise), etc. La dernière salle de l’exposition est consacrée aux artistes donateurs tels que Claude Viallat, Pierre Buraglio, Geneviève Asse, Vincent Bioulès et Alexandre Hollan.

Pouvez-vous me parler d’une œuvre qui vous touche particulièrement ?

Pour moi, le tableau majeur est le Paysage au dieu fleuve de Nicolas Poussin. Son acquisition a été une très très longue aventure pour le musée Fabre. Déclaré « œuvre d’intérêt patrimonial majeur », ce tableau a été acheté à New York en 2010. Un travail patient de restauration a ensuite été nécessaire afin de réunir les deux parties du tableau,Paysage au dieu fleuve et Vénus et Adonis, tableau donné par Fabre au musée en 1825. C’est une œuvre de jeunesse de Poussin, particulièrement poétique et sensible, marquée par la peinture vénitienne, et l’une des plus sensuelles de cet artiste qui incarne le classicisme français du XVIIe siècle.

Quels sont les à-côtés des œuvres ? Est-ce que des conférences ou des visites particulières sont organisées ? Pour les enfants ou les publics empêchés par exemple ?

Le musée Fabre proposera une programmation extrêmement riche : un cycle de conférences aux mois de janvier et de février abordant les différents modes d’acquisition possibles, ainsi que de nombreuses visites guidées et activités, notamment à destination des familles (une visite contée, des ateliers…) Le musée Fabre a aussi conçu à l’occasion de cette exposition un jeu de société et une application, Collector, mettant le joueur en situation d’acquérir des œuvres pour le musée. Et bien sûr, comme pour chaque exposition et pour les collections permanentes, des visites à destination des personnes en situation de handicap sont programmées. Enfin, le musée Fabre a monté un projet spécifique d’accompagnement de personnes réfugiées et migrantes dans leur diversité (adultes individuels, mineurs isolés…) ainsi que des élèves de seconde, mobilisés dans le cadre du projet national « Alter-Egaux » initié par l’académie de Montpellier.

 

Du 15 décembre 2021 au 6 mars 2021, au Musée Fabre. Informations pratiques.

Visuel :© Portrait de M. Hilaire est le suivant : Montpellier Méditerranée Métropole / Cécile Marson

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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