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Météorites, entre ciel, Terre et imaginaire

Météorites, entre ciel, Terre et imaginaire

16 novembre 2017 | PAR Laetitia Larralde

Le développement constant de l’exploration spatiale et de la recherche en astronomie donne à l’étude des météorites une place de choix pour mieux comprendre notre système solaire. Les chercheurs du Muséum National d’Histoire Naturelle sont fortement impliqués dans ce domaine, tant au niveau national qu’international, et la collection de météorites du Muséum est l’une des plus importante au monde. Une exposition pour présenter l’état actuel des connaissances sur le sujet s’imposait.

Longtemps considérées comme des messages divins par de nombreuses civilisations, ces « pierres de tonnerre » ont fait l’objet de cultes chez les Aztèques comme dans l’Empire romain. Ce n’est qu’en 1803 qu’on affirma que si des pierres tombaient du ciel, la raison en était scientifique et non surnaturelle. Cela allait remettre en cause la perception des limites de notre monde, au même titre que l’héliocentrisme de Copernic. Car si des pierres viennent du ciel, cela veut dire qu’il n’est pas uniquement occupé par le Soleil mais peut cacher bien des choses. Et ces pierres vont nous emmener bien plus loin que prévu, car leur étude nous fait voyager aux confins du système solaire et remonter 4,56 milliards d’années, au moment de sa création. Et parfois même encore avant, car certaines météorites contiennent des poussières présolaires, matière primordiale plus vieille que le Soleil.

Si pour l’œil novice les météorites se différencient difficilement des roches terrestres, elles renferment des promesses énormes. Artistiquement, comme le prouvent la dizaine d’œuvres dispersée dans l’exposition, elles nourrissent l’imaginaire. Leur trajet depuis la naissance de notre univers au fin fond de la galaxie invite aux spéculations les plus débridées et recèle des trésors de poésie. L’expérience de toucher des météorites provenant de Mars et de la Lune en fin d’exposition ne reviendrait qu’à toucher un bout de pierre si la mise en contexte ne nous faisait pas rêver à l’infini de l’univers. D’un point de vue scientifique, les météorites permettent d’étudier la formation du Soleil et des planètes dans des processus à la violence extrême puisque le principe fondateur est la collision. Mais on ne peut s’empêcher d’être fasciné en regardant la reconstitution vidéo des débuts du système solaire, allongé sous les écrans du petit planétarium installé au milieu de l’exposition.

La scénographie est totalement immersive et nous transporte de la Terre, où nous retrouvons les traces des chutes de météorites tels que les cratères, des fragments parfois présents depuis quelques milliers d’années, ou les étoiles filantes, poussières cosmiques grosses comme des grains de riz vaporisées en entrant dans l’atmosphère, ne laissant que leur lumière comme trace de leur passage, à l’espace qui nous apporte des éléments de réponse sur les origines de notre planète. L’exposition fait appel à tous nos sens avec des dispositifs techniques variés et inventifs : des projections panoramiques, des enregistrements audio, des hologrammes et même l’odeur d’une météorite fraîchement tombée sur Terre. Le tout est accessible même sans avoir des connaissances scientifiques poussées, sans pour autant être simpliste. L’exposition est un bel exemple de vulgarisation scientifique réussie et une fenêtre ouverte sur la poésie de l’univers.

Météorites, entre ciel et Terre – du 18 octobre 2017 au 10 juin 2018
Muséum National d’Histoire Naturelle – Grande galerie de l’évolution
36 rue Geoffroy Saint-Hilaire – 75005 Paris

visuels © MNHN / © NASA JPL JHUAPL / © NASA JPL Caltech UCLA / © MNHN JC Domenech

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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