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Maud Leyoudec nous parle de La Sculpture Bourbonnaise au MAB

Maud Leyoudec nous parle de La Sculpture Bourbonnaise au MAB

03 mai 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Maud Leyoudec est co-commissaire de l’exposition La Sculpture Bourbonnaise entre Moyen Age et Renaissance et Conservatrice du patrimoine, chargée des collections beaux-arts et arts décoratif . Elle nous parle de cet événement qui se tient au Musée Anne-de-Beaujeu de Moulins jusqu’au 8 mars 2020

Cette manifestation s’inscrit dans le cadre du « Catalogue des désirs »  peut-on lire joliment dans la présentation de l’exposition. Qu’est-ce que ce « catalogue » ?
Ce Catalogue est un ensemble d’œuvres proposées par les musées nationaux (le Louvre, le musée d’Orsay, le musée national Picasso, Paris), destinées à être prêtées à des musées en région. Cette nouvelle mesure, lancée par le ministère de la Culture, s’inscrit dans un plan plus large, « Culture près de chez-vous », qui touche toutes les formes artistiques. Les œuvres sélectionnées sont des œuvres très importantes des collections nationales. En plus de l’œuvre du Louvre que nous avons retenue dans ce catalogue, ce musée a également accepté de nous prêter quatre autres sculptures.

Est-ce que l’exposition ne montrera que de la sculpture, ou utilisez -vous d’autres éléments pour l’éclairer ?
Nous avons rassemblé quarante sculptures. Ce sont principalement des sculptures en calcaire, marbre ou albâtre. Deux œuvres sont en bois. Elles couvrent la période 1400-1550. Ces œuvres sont habituellement conservées dans des musées (le musée Anne-de-Beaujeu bien sûr, le Louvre, le musée Calvet à Avignon), mais aussi des églises de l’Allier et de l’Indre. Ces dernières sont classées Monuments historiques. Pour mettre en valeur cet art, nous avons conçu un véritable écrin avec une présentation très colorée et didactique (avec des images de comparaison). Une grand place est aussi accordée à des espaces pour le jeune public (écran tactile, manipulation, etc.)

 Pourquoi consacrer une exposition à la sculpture bourbonnaise?
Autant la peinture dans le duché des Bourbons a été étudiée avec notamment le triptyque de Jean Hey, chef-d’œuvre de la peinture française des années 1500, autant la sculpture a été trop peu valorisée. Le musée départemental Anne-de-Beaujeu s’est associé avec l’université Clermont Auvergne pour mettre en place un véritable programme de recherche sur cet art. Les œuvres du musée, actuellement en réserve, vont également être étudiées et restaurées, avec le Centre de recherche et de restauration des musées de France. Cette exposition est en quelques sorte le premier volet d’un important travail sur cette sculpture qui mérite d’être mise en avant. Ce travail aboutira dans quelques années, à une nouvelle présentation permanente des collections de sculpture du musée et à un ouvrage important qui rassemblera de nombreux chercheurs.

 Quelle est la spécificité de la sculpture  Bourbonnaise ?
A partir de 1480, la sculpture bourbonnaise atteint une qualité inégalée, grâce au mécénat artistique des ducs. Les nombreuses commandes de ces derniers et de leurs officiers stimulent la production de sculptures et ont vraisemblablement dû encourager l’installation d’artistes à Moulins. Un sculpteur de très grande envergure, Jean de Chartres, est ainsi présent à Moulins avant 1501. Il travaille régulièrement pour des mécènes exceptionnels, le duc Pierre II et la duchesse Anne de France. On voit alors apparaître des formes particulières : les visages des sculptures produites à cette période dans le Bourbonnais se distinguent par un grand front bombé, des yeux en amande, des sourcils estompés. L’importance et la qualité de cette production favorisent aussi son rayonnement : des reflets de la sculpture bourbonnaise se trouvent ainsi au-delà des frontières politiques du duché, par exemple à Sainte-Fauste, dans l’Indre.

Comment avez-vous pensé  le parcours ?
Le parcours est chronologique. Nous commençons avec les fragments du tombeau du duc Louis II de Bourbon et nous finissons un siècle plus tard avec des sculptures marquées par le maniérisme italien. Entre ces deux moments, la sculpture bourbonnaise est en rapport avec le mécénat du roi de France ou d’autres grands princes. Elle est aussi progressivement marquée par l’arrivée de l’art italien, dès les années 1490. La cour bourbonnaise a alors un prestige extraordinaire (la duchesse Anne de Bourbon est la sœur du roi Charles VIII).

Les infos pratiques : ici

 

Visuels :

 

L’Education de l’enfant_Musée du Louvre_RF2763

Vierge à l’Enfant _Souvigny

Panneau aux armes de Pierre II de Bourbon et Anne de France_MAB95-112-1

(Article partenaire)

Infos pratiques

Les Plateaux Sauvages
Centre culturel du Forum- Théâtre Jean Marais
Magali Sautreuil
Formée à l'École du Louvre, j'éprouve un amour sans bornes pour le patrimoine culturel. Curieuse de nature et véritable "touche-à-tout", je suis une passionnée qui aimerait embrasser toutes les sphères de la connaissance et toutes les facettes de la Culture. Malgré mon hyperactivité, je n'aurais jamais assez d'une vie pour tout connaître, mais je souhaite néanmoins partager mes découvertes avec vous !

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