Expos
Mascaret, l’herbier aquatique de Guillaume Castel

Mascaret, l’herbier aquatique de Guillaume Castel

09 septembre 2022 | PAR Capucine De Montaudry

En plein cœur du jardin du Luxembourg, dans l’orangerie du Sénat, pénétrez dans l’univers onirique de Guillaume Castel. Pendant dix jours, le plasticien vous propose un agréable parcours à travers ses créations algales. 

Une plongée dans l’imaginaire aquatique de Guillaume Castel

Dès l’entrée, on tombe sous le charme d’une grande structure à doubles facettes, l’une en miroir et l’autre en acier.  Samare tourne doucement, majestueuse et légère, incurvée sur elle-même. L’univers de Guillaume Castel émerge des profondeurs de l’Atlantique, dans le Finistère, où se trouve la source de ses créations. Celles-ci sont empreintes de dualité : entre couleurs vives et acier à l’effet oxydé, design et formes organiques, légèreté et pesanteur. Certaines ont une facette en miroir déformant. 

Ses œuvres sont d’une grande délicatesse. Les contours irréguliers des matières imposantes sur lesquelles il travaille montrent une belle virtuosité dans la réalisation des sculptures Dulse et Nori. Ces deux termes désignent des variétés d’algues que l’artiste rencontre lors de ses plongées.

Notre coup de cœur de l’exposition, les Balades marines. Sur des panneaux de bois sont dessinées des formes d’algues sur fond blanc. Chacune est réalisée avec une encre colorée, qu’il produit en pressant ses sculptures. Les formes épurées se croisent et mêlent des couleurs lumineuses, telles des vitraux naturels. 

Le fragile et merveilleux littoral 

Artiste engagé et militant dans le mouvement écologique, Guillaume Castel affirme cependant qu’au moment de la création, son travail demeure indépendant de ses convictions. Dans les faits, de nombreux spectateurs parlent d’une « ode à la nature« , explique-t-il. En effet, les formats démesurés sur lesquels il travaille et la légèreté des structures sont d’une grande poésie. Mais cette immersion rappelle en même temps la précarité du milieu aquatique. La série Fil en particulier, des formes d’algues en acier laqué ou zingué séchant sur une barre métallique, nous saisit par son apparente fragilité. L’exposition semble pénétrée de spiritualité, une spiritualité qui nous parle de cet univers immense et délicat. 

Guillaume Castel insiste sur la notion d’ « herbier imaginaire » pour décrire son œuvre. « Ce sont des formes qui sont empreintes de la nature, mais qui n’en sont pas des copies. […] C’est tout un travail de collectes informelles, qui sont liées à des balades, des plongées, je passe beaucoup de temps dans la nature. Et puis je retranscris tout dans l’atelier. […] C’est vraiment cette sensation d’être dans l’eau, dans les algues, dans le ressac, la lumière qui traverse l’eau, les reflets, les couleurs différentes…« . Au départ, ses pièces sont faites pour être exposées dans les jardins, publics ou privés. Les miroirs créent ainsi de nombreux jeux avec les lumières dont ils captent l’énergie. 

 

Une exposition à voir du jeudi 8 au lundi 19 septembre à l’Orangerie du Sénat, dans le jardin du Luxembourg. 

Image de couverture : Orangerie du jardin du Luxembourg, © Besopha. 

La Reine Elizabeth II est morte
L’agenda du week-end des 10 et 11 septembre
Capucine De Montaudry

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture