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Marina Ferretti et Hélène Furminieux nous parlent de « Japonismes / Impressionnismes » au Musée des impressionnismes Giverny

Marina Ferretti et Hélène Furminieux nous parlent de « Japonismes / Impressionnismes » au Musée des impressionnismes Giverny

29 mai 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Marina Ferretti, directeur scientifique du Musée des impressionnismes Giverny et commissaire de l’exposition. et Hélène Furminieux responsable du service des publics, nous parlent de Japonismes / Impressionnismes, à voir jusqu’au 15 juillet

Quel titre étonnant ! Il y a-t-il un impressionnisme japonais ?

Oui, il existe un impressionnisme japonais, représenté notamment par Kuroda Seiki (1866-1924). Mais ce n’est pas du tout le thème de l’exposition de Giverny qui, à l’inverse, étudie l’impact de la découverte des estampes japonaises sur les peintres impressionnistes et postimpressionnistes.

Comment s’organise le parcours ?

Les parcours de l’exposition s’organise en quatre sections :

a. Geishas : une section d’introduction qui évoque l’aspect le plus évident du japonisme : la représentation de femmes occidentales vêtues de kimonos, entourées de paravents, et portant des ombrelles ou des éventails japonais.

b. Les peintres collectionneurs : pour montrer à quel point l’art japonais était présent dans les ateliers d’artistes, nous avons réuni un ensemble de tableaux montrant des xylographies japonaises accrochées chez les peintres impressionnistes et aussi des estampes japonaises issues de leurs collections. Elles ont appartenu à Monet, Degas, Mary Cassatt, Van Gogh, Vallotton, Bonnard, Vuillard ou Vallotton… et sont signées Hokusai, Hiroshige ou Utamaro, entre autres maîtres japonais.

c. L’estampe impressionniste : nombreux parmi les peintres occidentaux se sont essayés à la pratique de l’estampe, et l’influence japonaise est évidente dans leurs œuvres. Libérés du modèle classique, ils font preuve d’une créativité inouïe et inventent un nouveau langage artistique.

d. Le code a changé : forts de cette rencontre avec le Japon, les peintres font évoluer leur art. C’est un aspect beaucoup plus profond du japonisme. Libérés des codes classiques, les artistes inventent une nouvelle manière de peindre et c’est une véritable renaissance artistique qui éclot en France. Tous les peintres sont touchés, mais chacun garde son originalité en s’inspirant du modèle japonais. Les impressionnistes tels que Whistler, Monet, Caillebotte, Cassatt… sont représentés. Mais aussi la génération suivante avec Van Gogh, Gauguin et les néo-impressionnistes. Sans oublier les Nabis avec Bonnard (« le Nabi très japonard »), Vuillard, Denis et Vallotton. L’exposition s’achève avec une belle évocation du jardin de Monet à Giverny et un somptueux Matisse qui a appartenu à Picasso.

Si vous deviez choisir une œuvre, un coup de cœur, quel serait-il ?

Difficile de choisir parmi tant d’œuvres qui ont toutes été sollicitées et attendues avec impatience ! Mais j’ai une admiration toute particulière pour La Vague d’Hokusai, Capucines de Caillebotte, Pyramides de Port-Coton de Monet, Les harengs de Van Gogh, La Valse de Vallotton, La Porte entrebâillée de Vuillard… et toute la série des éventails peints !

D’où proviennent les toiles exposées ?

Les oeuvres viennent de nombreuses collections particulières et de près de quarante institutions françaises et étrangères. Citons le musée d’Orsay, particulièrement généreux, le musée Marmottan-Monet, le musée Malraux du Havre, la National Gallery de Washington, la Tate Gallery de Londres, le Van Gogh Museum d’Amsterdam, le Museum of Fine Arts de Houston, etc.

Est-ce que vous avez une approche numérique du musée ?

En 2017, le musée des impressionnismes Giverny s’est doté de 4 outils numériques, à la fois pédagogiques et ludiques. Deux applications mobiles sont proposées pour enrichir l’expérience du visiteur et la prolonger en dehors du musée : Le Jardin des impressionnismes et La Balade des impressionnismes.

Par ailleurs, deux sites internet emmènent petits et grands dans une aventure étonnante. La Galaxie des impressionnismes invite à un voyage extraordinaire et ludique pour comprendre l’impressionnisme, tandis qu’Iris et les graines lumineuses se présente comme un conte interactif pour connaître les métiers et la collection du musée.

Quelle attention portez-vous au jeune public ?

Le musée des impressionnismes a à cœur d’intéresser le jeune public à l’art. Une salle située au cœur même de l’exposition est dédiés aux enfants : la Galerie des petits. Elle propose une approche ludique et créative des thème explorés dans l’exposition. Un livret de jeux est également mis gratuitement à disposition des enfants à leur arrivé au musée.

Visuel :
Pierre Bonnard La Promenade des nourrices, frise de fiacres, vers 1897 Lithographies en cinq couleurs marouflées sur toile, constituant un paravent à quatre feuilles, 150 x 200 cm Paris, galerie Berès © Paris, galerie Berès

Informations pratiques

Musée des impressionnismes Giverny
Du 30 mars au 15 juillet, tous les jours de 10h à 18h (dernière admission à 17h30)
Exposition Japonismes / Impressionnismes
99, rue Claude Monet
27620 Giverny
tél : 02 32 51 94 65

Infos pratiques

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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