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Maria by Callas : une diva absolue et intime à la Seine Musicale

Maria by Callas : une diva absolue et intime à la Seine Musicale

22 septembre 2017 | PAR Yaël Hirsch

Pour rendre honneur à la diva, 40 ans après sa mort, la Seine Musicale abrite sur l’île Seguin une immense exposition sur 800 m². Riche d’archives personnelles et nourrie par les témoignages rassemblés par le commissaire, Tom Volf, pendant deux ans de rencontres et de quête aussi absolue que le talent de la plus illustre soprano, « Maria by Callas » perpétue le mythe en l’éclairant depuis la sphère privée.
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C’est de manière chronologique qu’on parcourt le vaste espace que la Seine Musicale dédie à Maria Callas , 40 ans après sa mort. « Je suis juste une petite fille grecque née en Amérique, néanmoins je suis une diva qui peut demander tout ce qu’elle veut » : Des années d’enfance ou Maria est encore Kalogeropoulos, aux années de formation en Italie, sous le mentorat de son premier mari Battista Meninghi aux dernières années où la diva assoluta s’était retirée de la scène et calfeutrée dans son appartement de l’avenue George Mandel, on rejoue la gloire et la tragédie de la grande voix, ses succès depuis la fameuse Vestale de la Scala en 1954, les duos forts avec George Prêtre, Luchino Visconti, où, une fois la voix éteinte avec Pasolini pour Médée. Et puis évidemment la rencontre et la trahison foudroyantes de Aristote Onassis.

Le parcours est somptueux comme un film italien des années 1970 et un dispositif audio permet de le faire toujours et tout le temps en musique (avec même une salle où on a l’impression d’entendre la Callas en vrai dans ses plus grand rôles). Mais la plus grande force de l’exposition malgré ses cartels parfois un peu trop plein de sensiblerie, c’est que tout se passe comme si Callas elle-même commentait sa vie : par des lettres, des photos, des interviews passées dans les médias de l’époque et aussi des films en super 8 privés (celui sur le bateau d’Onassis est vraiment très émouvant). L’exposition Maria by Callas n’interroge pas le mythe mais il le prolonge en redonnant voix à la femme fatale qui est aussi une petite fille grecque née à New-York et qui a conquis le monde jusqu’à devenir inoubliable. Un beau parcours complet sur les traces d’une étoile restante, à suivre jusqu’au 14 décembre 2017.

Visuel : affiche de l’exposition.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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