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« Marche et démarche. Une histoire de la chaussure », nous révèle les secrets de nos pas au MAD!

« Marche et démarche. Une histoire de la chaussure », nous révèle les secrets de nos pas au MAD!

13 novembre 2019 | PAR Chloé Coppalle

Jusqu’au 23 février 2020, le Musée des Arts Décoratifs (MAD), organise une exposition étonnante qui décortique cette singulière histoire, celle de nos façons de marcher, avec ingéniosité ! Avec sa première exposition sur les Affiches Cubaines, le MAD amène un peu de sujets nouveaux, et ça fait du bien !

 

Fait étonnant mais vrai, l’exposition part d’une simple chaussure de Marie-Antoinette, qui intrigua le commissaire d’exposition, Denis Bruna, également conservateur en chef des collections modes et textiles antérieures à 1800 du Musée des Arts Décoratifs. Longue de 21 centimètres, ce qui équivaut à une taille enfant aujourd’hui, ce dernier fut en effet étonné de découvrir un si petit modèle pour une femme qui avait 37 ans à l’époque ! Mais alors, qu’est-ce qui explique que des pieds adultes puisse avoir cette taille ? Est-ce lié à de simples raisons d’alimentation, ou bien de développement naturel du corps humain lié à l’époque ? Ce sont ces premières observation qui lancèrent Denis Bruna dans un ensemble de recherches sur l’histoire de nos démarches. Les modèles exposés ont pour rôle d’illustrer ce travail d’archives. La particularité de l’événement est que d’habitude, les expositions qui concernent le soulier l’abordent sous un angle chronologique, ou sous celui de grands noms, mais finalement assez peu sous la manière de les utiliser. L’exposition permet de comprendre ces problématiques larges sur le port de la chaussure, enjeux déroutant pour un objet porté tous les jours et dont on pense avoir déjà compris le fonctionnement ! En Occident par exemple, les chaussures du peuple, qui devait marcher, sont souvent plus larges, plus confortables, et plus solides que celles des nobles, en permettant d’aller dans la boue, les champs, la ville, qui avant le XIXème siècle et les grands travaux urbains, n’étaient pas particulièrement propres. Ainsi, l’événement met à l’honneur ceux qui marchent et ceux qui ne marchent pas, en abordant toutes les complexités des utilisations.

De l’Antiquité à nos jours, la tranche historique est large mais la scénographie est bien pensée, et expose un large panel de modèles et d’époques différentes ! Les moulages des pieds bandés des femmes chinoises interpellent et peuvent même être dérangeants, mais tout autant que les chaussures des femmes occidentales longtemps très menues à cause d’autres systèmes de bandages. A côté, des modèles plus artistiques que portables étonnent et l’exposition de paires ayant appartenu à Elton John ou Alfred de Musset amuse !

En effet, le public découvre des manières assez insolites de porter ces vêtements, comme les ballerines érotiques de Christian Louboutin ou les improbables Magnetic motion d’Iris von Herpen et de Jólan van der Wiel, qui ont la forme d’un grand œil, et qui permettent à peine au pied … de rentrer dans la chaussure ! La galerie comprenant les paires des années 1990 à aujourd’hui, invite le visiteur à découvrir ces paires insolites et artistiques, véritables recherches sur le matériau, sur la liberté ou l’immobilité, sur les formes, ou sur les rôles sociaux et sexuels. Pour faire comprendre à un spectateur contemporain les différentes manières de se déplacer au fil des siècles, le commissaire eu l’idée astucieuse de travailler avec un bottier, Fred Rolland, qui reproduit huit modèles à l’identique, visibles au sein du parcours, que les visiteurs peuvent essayer !  Bien que le soulier de Marie-Antoinette aurait pu être placé dès l’ouverture de la scénographie pour amorcer le sujet, ces dispositifs aident à comprendre comment la chaussure peut à la fois aider le mouvement, comme la basket dans le sport, ou au contraire le contraindre. 

A voir absolument cet automne ! 

 

Visuel : affiche de l’événement

– ZIOMKOWSKA Erwina, Untitled (Shoes), 2013, chaussure et épingles, Poznan, Pologne ©ChloeCoppalle

– SIMONS Raf pour Christian Dior, Paire d’escarpins pour femme, Paris, collection haute couture automne/hiver 2014-2015, Musée des Arts décoratifs, © MAD Paris / Photo : Christophe Dellière

– RABANNE Paco, Paire d’escarpins pour femme Modèle Verseau Collection haute couture printemps-été 1995, Paris, musée des Arts décoratifs, don Paco Rabanne, 1997 © MAD, Paris / Photo: Jean Tholance

– Chaussure de Marie- Antoinette, 1792 Paris, Musée des Arts Décoratifs © MAD Paris Photo : Christophe Dellière

 

 

 

 

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One thought on “« Marche et démarche. Une histoire de la chaussure », nous révèle les secrets de nos pas au MAD!”

Commentaire(s)

  • Pascale Vernès

    A Romans-sur-Isère, dans la Drôme, ce sont des chaussures géantes qui vont surgir au détour d’une place, d’une rue… Pour un musée hors des murs. Ces chaussures sont en effet inspirées de modèles emblématiques du musée. On pourra les voir à partir du 30 novembre…

    novembre 27, 2019 at 12 h 36 min

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