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Marc VERDURE ,Conservateur du Patrimoine , Directeur des Musées et de la Citadelle de Belfort nous parle de Peter Briggs

Marc VERDURE ,Conservateur du Patrimoine , Directeur des Musées et de la Citadelle de Belfort nous parle de Peter Briggs

09 mars 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le 22 mars ouvrira Peter Briggs Brouillon Général dans quatre musées :  le Musée des Beaux-Arts d’Angers, le Musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun, La Piscine à Roubaix et  La Citadelle de Belfort. Marc VERDUR ,Conservateur du Patrimoine , Directeur des Musées et de la Citadelle de Belfort nous parle de l’exposition qui se tient à la Tour 46.

Quelle est l’identité de la Tour 46 ?
La Tour 46 est une tour bastionnée de Vauban, construite au XVIIe siècle, constituée d’une salle annulaire et d’un pilier central à cinq côtés et accessibles par un large couloir. L’espace a été aménagé en 1981 pour servir de lieu d’exposition temporaire. Elle propose plusieurs fois par an des expositions temporaires aux thèmes variés.

Qui est Peter Briggs? Quel est son apport à la sculpture contemporaine?
Né en 1950 en Angleterre, Peter Briggs vit et travaille en France depuis le début des années 1970.

À l’écart des courants dominants, il occupe une place particulière et atypique sur la scène contemporaine française et européenne. En 1988, le Carré Saint-Vincent à Orléans et le musée Sainte-Croix à Poitiers présentent Peter Briggs : Dix ans de sculpture où s’affirment les grandes lignes de ses recherches à travers une large diversité de processus de mise en forme. Son travail a été régulièrement exposé ces dernières années dans différents centres d’art et galeries, en particulier les étapes progressives de l’installation Shelf Life que nous retrouverons dans une forme réactivée dans la présente exposition.

Dès ses débuts dans les années 1960-70, marqué par un désir de prolifération, son travail s’organise en cycles souvent laissés volontairement incomplets ; c’est ainsi qu’il expérimente des processus qui font naître des formes qu’il ne cesse de développer ensuite. Ces travaux, réunis sous forme d’installations, d’accumulations voire d’hybridations interrogent l’histoire de la sculpture. Explorant les possibilités d’une gamme étendue de matériaux pour les rassembler plus tard, il crée des « index anachroniques où des éléments aussi bien contemporains, recréations, copies ainsi que pièces historiques sont organisés pour donner un sens particulier à l’espace ».
La dialectique entre passé et présent, pensée et matière est au centre de ses préoccupations à travers la notion qu’il qualifie d’interprocessualité : Briggs considère « la sculpture comme un point de vue, un positionnement historique qui permet une perspective particulière sur la modernité et le contemporain, il est à la fois acteur et spectateur, chercheur et fabricant ».

Une chronologie linéaire n’existant pas dans son travail, l’exposition n’est donc pas une rétrospective. Elle se propose au contraire de prendre une partie importante de l’œuvre de l’artiste, jusqu’à présent peu ou pas exploitée en la requalifiant à travers différents dispositifs afin de la rendre contemporaine. En faisant abstraction de la notion d’œuvre unitaire, l’artiste puise largement dans ses archives et présente un montage d’éléments anachroniques qui engage directement le visiteur dans le mécanisme de création.

Pourquoi avez vous eu le désir de monter cette exposition ?
Les musées de Belfort sont désireux de travailler en partenariat avec d’autres institutions, publiques et privées, pour imaginer des collaborations : expositions, outils de médiation, événements ponctuels ou communication commune sont autant de possibilités offertes au partage d’expérience et au renforcement de l’activité. Le projet Briggs est entré en résonance avec les collections de Belfort qui détiennent une sculpture de Peter BRIGGS achetée dans les années 1990.

Cette exposition se fait en partenariat avec d’autres lieux. 
Entre 2016 et 2018, quatre musées français — le Musée des Beaux-Arts d’Angers, le Musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun, les Musée(s) de Belfort, La Piscine à Roubaix — s’associent pour présenter le travail du sculpteur Peter Briggs. Tous les quatre ont en commun d’être des musées pluridisciplinaires et tous axent une partie de leur programmation d’expositions à l’art contemporain. Le travail de Peter Briggs a été montré au début des années 1980 dans des expositions caractérisées par une approche du postmodernisme. Puis sa démarche a pris une direction bien particulière, s’écartant des courants majeurs. C’est ce parcours que « Brouillon général », à travers les quatre incarnations de l’exposition, va tenter de cerner au plus près.

Quels sont vos approches auprès du public, pour cette exposition ? Par exemple, est-ce que des ateliers pour les enfants sont prévus ?
Des ateliers sont prévus pour les 4-6 ans, 7-12 ans ou encore pour une pratique familiale. Ces animations ont été conçues à partir des aspects saillants de l’œuvre de l’artiste: le principe de la collection et de l’accumulation organisée, le travail sur les souvenirs et les objets qui leur sont liés, et enfin sur la réutilisation d’objets anciens pour créer une œuvre actuelle.

Du 22 mars au 21 mai à la TOUR 46, rue de l’ancien Théâtre
90000 BELFORT
03 84 54 25 46

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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