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« Mannequin d’artiste, mannequin fétiche » au Musée Bourdelle

« Mannequin d’artiste, mannequin fétiche » au Musée Bourdelle

02 avril 2015 | PAR Constance Delamarre

Mannequin d’artiste, Mannequin fétiche inaugure la réouverture du Musée Bourdelle après huit mois de travaux. Cette exposition retrace l’évolution du mannequin et révèle les différentes relations qu’il a pu avoir avec les artistes, du 15ème au 20èmesiècle

Dès le 15ème siècle, les mannequins aident les artistes à progresser dans l’art de la composition, et tous les peintres et sculpteurs en disposent dans leur atelier comme outil indispensable. Soit en cire, soit en bois, de petite taille ou de grandeur nature, les membres articulés aident à la disposition des drapés pour un rendu naturel. A la fin du 18ème siècle, ces mannequins deviennent de plus en plus perfectionnés, dans un souci de souplesse, de légèreté et de réalisme, comme en témoigne Mannequin néoclassique, une création anonyme grandeur nature (visuel 1).

Dans cette quête du naturel, les mannequins sont invisibles une fois l’oeuvre achevée. Pourtant, à mesure que le courant du réalisme s’impose en peinture, de nombreux critiques s’exclament que l’artifice est trop visible et la composition trop mécanique. Alors au 19ème siècle, le mannequin devient un motif expressif en peinture et apparaît dans des représentations d’ateliers d’artiste, en tant qu’outil aux côtés du chevalet et de la palette, comme dans Le paysan dans l’atelier d’Heinrich von Rustige (visuel 2). Le mannequin sort de son rôle caché pour devenir le sujet des œuvres. Les peintres et les photographes jouent avec de manière satirique ou fétichiste, et chez les surréalistes, il devient même une figure importante, comme le montre la photographie avec Salvador Dali (visuel 3).

Dans ce nouveau Musée Bourdelle aux allures d’atelier d’artiste, Mannequin d’artiste, mannequin fétiche est une belle et didactique exposition. Venez découvrir les secrets de composition des artistes et le rôle du mannequin en fonction des différents courants artistiques et industriels, de l’outil dissimulé au sujet même de l’oeuvre, en passant par les poupées et les mannequins de vitrine.

Du 1er avril au 12 juillet 2015 au Musée Bourdelle, 16-18 rue Antoine Bourdelle 75015 Paris. Plus d’informations sur le site du musée. Réservation ici

Visuels:

1 – Anonyme, Mannequin néoclassique, vers 1810, bois et articulations de métal, tête et corps peints à l’huile © Comune di Bergamo – Accademia Carrara 

2 – Heinrich von Rustige, Le paysan dans l’atelier, vers 1839, huile sur toile, © Stiftung Sammlung Volmer, Wuppertal

3 – Denise Bellon, Salvador Dali portant un mannequin d’artiste, Exposition internationale du surréalisme, Paris 1938, tirage argentique © Les films de l’Equinoxe – Fonds photographqiue Denise Bellon, Paris

 

 

Infos pratiques

Théâtre de Dix Heures
Les Berges de Seine
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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