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[Live-report ] Le bleu océan est le code couleur évocateur du 2e Festival Colorama

[Live-report ] Le bleu océan est le code couleur évocateur du 2e Festival Colorama

03 août 2017 | PAR Yaël Hirsch

La deuxième édition du Festival Colorama s’est ouverte ce mardi 1ier août 2017, à Biarritz. A l’origine de ce projet qui a déjà séduit des milliers de visiteurs l’an dernier, le studio Anyway a réuni dans les anciens ateliers Honda (47 av du Président John F. Kennedy) 20 artistes et grapheurs sur le thème du bleu. Un thème commun parfaitement trouvé pour faire écho à la cité balnéaire et basque. Même si l’un(e) des fondateurs de Anyway ne semblait finalement pas très heureu(se) d’avoir de la presse sur place, et même si un arrêté préfectoral a fait annuler pour les premiers jours les performances prévues en ville, Toute La Culture pensait qu’il était important de défendre un événement de Street Art qui se propose d’animer la ville de Biarritz jusqu’au 22 août. Nous avons donc été tolérés pour quelques heures, à l’ouverture de l’exposition de proposition graphiques de 20 designers et street-artistes sur le thème du bleu. Une soirée festive, animée par des foodtrucks, des DJ-Sets et la présence de nombreux enfants en pays merveilleux des sirènes…

Ils sont donc une vingtaine à s’être mobilisés autour de Grems, Opéra et Taroe, les fondateurs du studio de Design Anyway pour peindre les murs, le sol et le plafond des anciens ateliers Honda de Biarritz. Et ils ont presque tous inclut les lettres du Colorama Festival 2017 dans leurs fresques. L’événement est assez secret : pas d’affichage en ville, pas de flyers dans les bars et pas de qu’en dira-t-on dans la ville balnéaire qui vibre officiellement ces jours-ci au rythme de son Festival de Piano.

Mais une fois arrivés devant les anciens ateliers, la vision est saisissante : des murs blancs, une façade chiadée au couleurs bleues du thème choisi cette année et une foule joyeuse qui se presse à l’entrée et non loin de là sur la terrasse qui sert de fumoir, et ce, dès 18h. Le vernissage a beau être su invitation et l’événement assez underground : la foule est là. A l’intérieur, c’est franchement beau, le thème du bleu s’accordant avec l’effigie du rhum de la soirée : le Sailor Jerry. Avec leurs fresques aquatiques, ses animaux d’arche de Noé, les deux premières salles font un effet piscine, assez graphique pour pointer vers l’art déco. Devant la fresque du fond, des hérissons semblent se promener en liberté. Un marin signé Guitar semble garder les fauteuils de barbier présents dans l’arrière salle où un artisan tatoué et piercé allonge la gente masculine dans du cuir moelleux pour tondre les cheveux et bichonner les barbes. Le bleu est aussi nocturne, avec une ville expressionniste aux immeubles aux fenêtres rouges signée Maxime Ivanez, Sur le carrelage du fond de la troisième pièce Vilx fait le tour du propriétaire avec un message clair à creusr sur le divan « My father burned all my toys ». Un animal préhistorique nous hante en mobile et une chouette odeur de hot dog se précise avec des tables où l’on sirote du coktail au rooibos, BOS, et déguste aussi du saucisson de pays, tandis que les enfants jouent au foot et dansent en bande dans le grand espace central laissé vide – sauf le sol où des gouttes de peinture bleue colorent le dessous de nos pas. Le clou de l’exposition est une série de trois chapelles signées Grems (un fresque abstraite rehaussée par une bouée-requin), Opera (un mur abstrait et quasi cinétique rendu plus marin par une série de cordages dans l’espace ) et Taroe (notre chouchou avec une vraie chapelle de marin avec trois vitraux apaisant au centre desquels une vierge ou une sirène et des chaises bleues irrésistiblement stylisées avec des ancres aux dossiers).

Comme Colorama n’est pas qu’une exposition, cette soirée d’ouverture a aussi sa BO avec les DJ sets de KM3, Kurtis Lo et Grems lui-même, qui font danser artistes, invités et familles. Le lieu commence doucement à désemplir vers 23h, mais comme annoncé, la fête se poursuit jusqu’à minuit, à peine ternie par l’idée que Taroe ne pourra pas proposer son intervention prévue, le lendemain (et chaque jour jusqu’au 6 août) à l’esplanade du Vieux Port, à cause d’un arrêté préfectoral. Espérons que vendredi, Opera sera lui, le bienvenu, 2 bis allée du Moura et que Grems pourra intervenir du 6 au 10 août au Carrefour de Larochefoucauld, car ces excroissances de l’exposition dans la ville semblaient constituer l’ADN du Festival, encourageant les vacanciers à entrer dans la Couleur.

En attendant, ne manquez pas l’expo (avant le 22 août) et les deux nouvelles soirées prévues aux anciens ateliers Honda le 11 août avec des projections et des DJ sets de Son of Kicks et Grems et le finissage du 22 août avec des Projections et DJ Sets de KM3, DJ Skills, Grems, Nikitch et Suspax. Pour les interventions et éventuelles soirées en ville, guettez le programme sur le site de l’agence Anyway.

Colorama Festival, du 1 au 2 août, exposition collective, anciens ateliers Honda, 47 av du Président John F. Kennedy, 64200 Biarritz.

visuels : Affiche officielle  (c) Anyway

photos prises lors du vernissage (c) YH.

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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