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[Live-Report] Journée Soul à la Manufacture 111

[Live-Report] Journée Soul à la Manufacture 111

24 août 2015 | PAR Elodie Schwartz

Comme tous les dimanches, la Manufacture 111, lieu d’expression et de liberté pluridisciplinaire dédié à l’art urbain et contemporain, organisait ce 23 août une journée placée sous le signe de la culture soul. Au programme : des découvertes culinaires et musicales. L’occasion pour Toute la Culture de se plonger dans une ambiance afro-américaine.

Accueillie par la chef La Charlotte d’Annie et sa commis, coiffée d’un pagne africain, la journée commence par un brunch Soulfood (11h-15h). Au menu : un assortiment de viennoiseries, une boisson chaude ainsi qu’une boisson fraîche, des pastels de poisson, un taboulé au fonio, une sauce olive, des brochettes de poulet soya, du riz au curcuma et un crumble aux fruits. Les odeurs se mélangent et les saveurs très épicées explosent en bouche. Ces mets remplis de soleil, ne serait-ce que par leur provenance et leur aspect visuel (le jaune du curcuma, le rouge du soya ou encore le vert de l’olive), font écho à la cuisine afro-américaine née chez les esclaves qui travaillaient dans les plantations du Sud des Etats-Unis, mais sont surtout le fruit d’une mixité (culture africaine et américaine), à l’image du lieu qui réunit différentes influences artistiques, plusieurs générations et cultures.

Le brunch se déroule au son de DJ JP Mano qui propose une sélection de titres soul, neo soul et jazzy. D’Esther Phillips à Otis Redding en passant par Mary J Blige, Donny Hathaway, Emma Donovan ou encore Jonathan Butler, DJ JP Mano, derrière ses platines, débute sa prestation en exposant son impressionnante collection de vinyles. Puis, sélectionne avec soin les chansons qu’il va passer. Sous le regard à la fois intrigué et impatient des brunchers, DJ JP Mano se lance. C’est l’immersion totale jusqu’à 16h dans la Black Music. Ambiance détendue, béret et casque sur la tête, DJ JP Mano nous fait découvrir les titres phares du genre musical. Ouvert à l’échange, il se faufile, souriant, entre les tréteaux et planche en pin faisant office de table, pour discuter. De l’autre côté du bar, Annie et son personnel rejouent les Marvelettes. Un vrai dépaysement…

L’heure tourne, les platines aussi. Chacun à son tour et à son rythme, après le repas, se dirige vers l’exposition de la manufacture 111. Clemens Behr, artiste allemand est à l’honneur avec son Solo Show. Sur certains visages se lit une certaine déception. L’exposition n’est pas consacrée à l’histoire de la musique soul mais bien au travail du jeune artiste. Pour débuter l’exposition, ses cinq premières œuvres sont agencées à la manière d’une galerie d’art. Sur fond blanc, ses tableaux sont accrochés. Les visiteurs découvrent une ambiance et une atmosphère égale à celle d’un musée. Mais quelques mètres plus loin, la galerie d’art disparaît complétement et laisse place à un univers plus brut. Clemens Behr prend possession de l’espace : les murs ne sont plus des supports mais font partie intégrante de ses œuvres. Matériaux de récup, mobilier ménager, moquettes, tissus, les œuvres de Clemens Behr traduisent la relation construction/déconstruction, à l’image de la Manufacture 111 qui, en plein travaux, souhaite témoigner de l’avancée de sa transformation.

16h30, c’est l’heure de revenir au sujet de la journée : la soul. DJ JP Mano est toujours aux platines mais se prépare à parler de l’un des plus grands chanteurs et musiciens ayant influencé la Black Music : Marvin Gaye. Passionné de musique et d’histoire depuis 30 ans, Jean-Philippe Mano clôture en effet la journée par une conférence participative riche en anecdotes et en illustrations musicales. Le public est invité à participer et à poser des questions. Sans perdre une minute, JP Mano transmet son savoir avec humilité. Il commence par évoquer l’enfance difficile de Marvin Gaye, notamment sa relation tendue avec père, avant de rapidement parler de son succès et des titres qui ont impacté l’approche de la musique noire (« What’s going on », « Sexual Healing », « Trouble man »…). Humour et confessions sont au rendez-vous. Sous le flot de questions, la conférence se termine dans un silence troublant lorsque DJ JP Mano annonce la mort tragique du sex symbol mais l’audience, conquise par cette journée soul, lui réserve une pluie d’applaudissements bien méritée.

Une expérience touchante et enivrante à vivre si l’envie vous prend de découvrir la culture soul.

Visuel à la Une : © Manufacture 111 / Visuels de l’article : © Elodie Schwartz

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Elodie Schwartz

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