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[Live report] Bertrand Lavier investit l’APPARTEMENT

[Live report] Bertrand Lavier investit l’APPARTEMENT

29 octobre 2014 | PAR Yaël Hirsch

De l’effervescence de la FIAC, il nous reste heureusement quelques perles à voir et revoir pendant le mois de novembre. Dans le bel intérieur d’un appartement privé du 10ème arrondissement, Bertrand Lavier s’inspire des collections de son hôtesse pour recréer un univers aux accents africains. Un moment d’art à la fois intime, atemporel et un peu magique.

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Lorsque nous sonnons au 27 bis de la rue Jacques Louvel Tessier, la nuti tombe et nous ne savons pas exactement ce que nous allons trouver niché dans un appartement du 10ème arrondissement assez ouvert pour exposer au public des œuvres de Bertrand Lavier. A l’étage c’est avec un sourire irrésistible que l’hôtesse, habitante des lieux, collectionneuse et historienne de l’art Nathalie Miltat nous ouvre la porte. Derrière le sourire apparaît une grande pièce doublement exposée au jour, aux murs décorés par Lavier, où ses statuettes en bronze nickelé et élevées sur socle trônent sur un piano muet qui semble répondre aux collections d’art africain de Nathalie.

L’appartement existe depuis 2011 et la propriétaire s’est donnée pour mission de faire découvrir des artistes. Elle voudrait aussi qu’on se familiarise avec le travail de l’ombre des commissaires d’exposition, c’est pourquoi elle a donné carte blanche en 5 sessions (Lavier est la deuxième après Julien Morin) à Timothée Chaillou, directeur de l’art contemporain chez Piaza. Comme ça, on aura le temps de s’habituer à sa « patte ». C’est lors de l’exposition « Cérémonie » chez Mélinda Gloss, au parcours Saint-Germain de l’an dernier, que Nathalie est tombée amoureuse de la précision de ce commissaire capable de donner l’impression que les objets de ses scénographies ont toujours été là, dans le décor. Et il est vrai que même si une figure d’oiseau océanique s’est glissée, ces statuettes en zinc de Bernard Lavier ont toujours trôné là, regardant de haut les magnifiques sculptures anciennes en bois du Cameroun ou, plus loin en céramique et bois recouvert de peau, que Nathalie Miltat a réunies.

L’ambiance est très apaisante, comme si le piano fermé ajoutait du silence et du calme à un lieu un peu magique, où les siècles se rencontrent. Aux murs, Bertyrand Lavier joue la couleur, avec une toile épaisse de peinture qui reprend les motifs que les femmes ndebelées (Afrique du Sud) accrochent sur les murs de leurs maisons. En face, Walt Disney production (re)produit des œuvres imaginaires de BD. Et puis enfin, une scie et une lance forment malicieusement le titre sans titre de l’exposition.

Tout s’agence avec une élégance et une intelligence rares dans cette pièce magnifique où l’on a envie de s’éterniser et d’entendre Nathalie Miltat tenir salon avec autant d’intelligence, de connaissance et de bienveillance, que de passion. Nous ne raterons pas l’épisode suivant qui nous permettra de découvrir, dès le 16 janvier prochain, le travail de Nadira Husain.

Jusqu’au 1ier novembre, L’appartement, 27 bis, rue Jacques Louvel Tessier, 75011 Paris, Visite du mardi au samedi de 15h à 19h ou sur RDV.

visuels : Yaël Hirsch

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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