Expos

Les lignes parallèles de Forsythe et Ikeda s’exposent au Festival d’Automne

Les lignes parallèles de Forsythe et Ikeda s’exposent au Festival d’Automne

01 décembre 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Du 1er au 31 décembre, la Grande Halle de la Villette prend un aspect performatif en proposant deux installations immenses et immersives. L’une du chorégraphe William Forsythe et l’autre du musicien Ryoji Ikeda. Deux versions opposées et complémentaires du contrepoint et des alignements.

Le chorégraphe et le musicien se connaissent depuis une vingtaine d’année et ces deux oeuvres Nowhere and Everywhere at the Same Time N°2 ( Forsythe) et Test pattern (Ikeda) ont déjà côtoyé le même festival, la Ruhrtriennale,  il y a trois ans. Côtoyé, oui car ces deux installations n’ont pas été créés ensemble. Forsythe nous raconte que « l’espace était trop grand pour Ikeda ». Il ajoute qu’il se « demandait quel allait être l’affect de cette oeuvre ».

D’un côté donc, sur la gauche, ce que l’on pourrait nommer un « objet chorégraphique ». Nowhere and Everywhere est « une composition acoustique et visuelle pour 610 pendules ». Pendant 55 minutes un cycle se fait, offrant 16 contrepoints différents. L’installation est à l’image des spectacles de Forsythe. Elle est géométrique et magnifique. On peut y entrer avec précaution, en évitant de toucher les fils. Ici, la danse est vide d’homme et pourtant, l’objet impose au passant un mouvement particulier lié à la contrainte de ne pas frôler les objets. Pourtant, Ikeda et Forsythe l’affirment de concert : » nous n’avions pas envie que les gens dansent dans l’exposition ».

Du côté de Ryoji Ikeda, nous sommes dans l’absolu contrepoint. Aux lignes verticales de Nowhere s’opposent ici l’horizontalité. A la douceur sonore du premier, les larsens électroniques du second se confrontent. L’expérience est violente et hypotonique, ou plutôt, épileptique. Des codes-barres se déroulent devant nous ou sous nos pieds si l’on décide de marcher. La sensation de nausée arrive très vite, comme si l’on montait sur un grand 8. C’est fascinant. Forsythe parle du travail d’Ikeda comme étant « absolument radical ».

Ces deux installations font corps ensemble, et elles forment un corps dansant. Le premier contraint, l’autre violent. L’image devient ici une partition chorégraphique. William Forsythe le dira en conférence de presse : »On est tous les deux intéressés par le contrepoint. C’est là le point de convergence des deux installations ». Et Ryoji Ikeda ajoutera « on ne peut pas toucher la musique, c’est la même chose pour une chorégraphie ».

Une double installation de la sensation finalement.

Ryoji Ikeda / test pattern © Wonge Bergmann pour la Ruhrtriennale 2013

William Forsythe © Dominik Mentzo

Avec « Bosch Dreams », La Villette tente le cirque d’auteur en réalité augmentée
Jeux d’enfants et d’Hommes au Festival Entrevues [Belfort, jour 6]
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *