Expos
Les temps mérovingiens, le Musée de Cluny met en lumière une période par trop méconnue du haut Moyen Âge jusqu’au 13 février 2017

Les temps mérovingiens, le Musée de Cluny met en lumière une période par trop méconnue du haut Moyen Âge jusqu’au 13 février 2017

29 octobre 2016 | PAR Sandra Bernard

Jusqu’au 13 février 2017, le Musée du Moyen Âge de Cluny, conjointement à la BNF, met magistralement en lumière la période mérovingienne au travers d’œuvres illustrant non seulement le savoir faire des francs, mais également le passage entre la Gaule romaine et le royaume Franc. Bienvenu dans les « temps mérovingiens« .

Loin de l’image des barbares donnée par Grégoire de Tours ou encore des roi fainéants proclamée par leurs successeurs carolingiens, les mérovingiens sont un maillon essentiel dans l’histoire culturelle et artistique française. Cette période peu connue du haut Moyen Âge peut pourtant se targuer d’avoir vu naître le premier royaume franc organisé et homogénéisé.

S’étalant sur une période de trois siècles, de la bataille des Champs catalauniques en 451 à la fin du règne des «rois fainéants» en 751, les royaumes mérovingiens offrent aux visiteurs, érudits comme curieux, un foisonnement de couleurs et de formes recherchées insoupçonnées. Au travers de pas moins de 150 œuvres issues des collections prestigieuses du Musée de Cluny, du département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, des bibliothèques de Laon et d’Autun, de la bibliothèque apostolique vaticane ou des Archives nationales de France qui entrent en résonance avec les collections du musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, du British Museum, du musée jurassien d’art et d’histoire de Delémont ou encore du musée Alfred-Bonno de Chelles.

Le pas si ridicule « Bon roi Dagobert » est représenté par son imposant trône, pièce maîtresse du cabinet des médailles, et son diplôme remarquablement conservé. Pour rappel, Dagobert a à son actif, entre autres, la pacification du royaume. L’on peut également admirer la parure funéraire de la reine Arégonde, habituellement visible au Musée d’Archéologie de Saint-Germain-en-Laye, ou encore ce qu’il reste du trésor de Childéric Ier, père de Clovis.

Mais les pièces les plus impressionnantes sont, sans conteste, la tunique brodée, admirablement conservée, de la reine Bathilde, habituellement visible au Musée de Chelles, et les magnifiques manuscrits enluminés préservés dans les prestigieuses bibliothèques européennes.

L’ensemble des œuvres présentées dans une scénographie rouge et or, à la fois fluide et enveloppante, illustrent les différentes pratiques de l’époque où catholicisme et paganisme cohabitent, où réminiscences romaines et apports germaniques convergent, où l’Orient et l’Occident échangent autour de la soie et des pierres précieuses.

L’exposition est découpée en cinq pôles : « Monde antique et médiéval » permet de contextualiser la période au moyen de cartes et de chronologies. La section consacrée au « pouvoir et ses insignes » mérovingien met en avant les insignes de pouvoirs (trône, anneaux sigillaires, diplômes, etc.), vient ensuite « Ici et l’au-delà » sur la progression du catholicisme, le rôle des évêques, les objets de culte et les pratiques funéraires. La section « écritures » montre le dynamisme des scriptoria mérovingiens et l’apparition de l’écriture moderne avec la « caroline » qui a participé à la « révolution carolingienne au IXe siècle » et donné l’écriture moderne. « Splendeurs mérovingiennes » prouve la dextérité et l’inventivité des artisans mérovingiens et « vers une nouvelle dynastie » montre le glissement certain vers la période carolingienne qui débute en 751 par le sacre de Pépin le Bref.

Il n’y a pour ainsi dire aucune fausse note dans cette exposition, si ce n’est qu’elle est trop courte et que les cartels ne sont qu’en français mais très bien écris.

Informations pratiques :

Musée national du Moyen Âge 6 place Paul Painlevé – 75005 PARIS

Tél : 01 53 73 78 00 – 01 53 73 78 16

Visuels : ©Sandra BERNARD

Infos pratiques

[Interview] Xavier Montagnon, Secrétaire général du CIPAC
[Live Report] Pitchfork- jour 2 : La joie de vivre selon Bat for lashes
Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *