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Les « Souvenirs de voyage » d’Antoine de Galbert s’exposent à Grenoble

Les « Souvenirs de voyage » d’Antoine de Galbert s’exposent à Grenoble

05 mars 2019 | PAR Yaël Hirsch

Du 27 avril au 28 juillet, sous le titre « Souvenirs de voyage » Antoine de Galbert expose une partie de sa collection à Grenoble. Alors que la Maison Rouge vient de fermer en fin d’année 2018, c’est l’occasion de se replonger dans son univers. Ce mardi 5 mars, en compagnie du directeur du Musée de Grenoble, Guy Tosatto et de la commissaire Sophie Bernard, le collectionneur passionné nous a conviés à un voyage narratif en avant-première pour présenter cette exposition.

Né à Grenoble, Antoine de Galbert est enchanté de pouvoir exposé une partie de sa collection au Musée de sa ville natale, où il a eu une galerie.

Du musée, il a comme premier souvenir la momie, et à chaque fois qu’il passe par Grenoble, Antoine de Galbert rencontre le directeur Guy Tosatto. En 17 salles et plus de 1000 mètres carrés, une carte blanche a été donnée. « Je suis un mangeur d’oeuvres », dit il avant de se lancer avec gourmandise dans le commentaire d’une partie des 150 œuvres découvertes, recherchées, acquise, chinées ou longtemps attendues qui composent l’exposition.

Alors qu’il dit laisser volontiers le commentaire et la critique aux commissaires et critiques, c’est à un voyage chez lui qu’il nous convie en commençant en salle 1 par les accumulateurs et les recycleurs : Edward Lipski, Ben, Hans-Peter Feldman. En salle 2, ce sont de grands projets de villes, palais, temples … qui seront exposés avec du ACM, Marcel Storr, Hema Upadhyay, Chantal Petit.  Avec la salle 3, l’on passe au concept (Claude Rutault, Alain Bizos…), l’actionnisme suisse et Autriche est à l’honneur en salle 5.

Puis vient la Belgique avec des artistes flamands : Thierry de Cordier, Berlinde de Bruyckere… En 6, sous l’égide d’une phrase d’Hölderlin traitant d la pauvreté, c’est une salle dédiée à l’Afrique. Parlant longuement de Steven Cohen, de sa trajectoire, son père flic, son courage, Antoine de Galbert commente : « Il est adorable dans le civil ». En salle 7, le kitsch British : « En fait je n’aime pas les anglais, je déteste les anglais mais j’ai un très beau Gilbert and George et j’ai plusieurs photos de John Isaacs ». Puis LaSalle 8 parle de La folie avec notamment des portraits d’Artaud par Man Ray ou du Arnulf Rainer : « C’est mon Dieu: il a collectionné l’art brut pratiquement au même moment que Dubuffet ».

Une salle entière est dédiée au cœur de Christian Boltanski tandis que le corps est mis en avant salles 10 et 11 avec Brassai, Kertesz, Serrano, Mari Katayama, Rachel Kneeborne, Unica Zorn… « C’est une salle qui est dure quand même: j’ai une fascination pour la différence et je suis un peu africain car en Afrique la différence est une rareté et est mieux considérée ». Et le collectionneur de nous donner une autre clé pour mieux comprendre « le fil invisible » qui rassemble les oeuvres de son royaume : « La réparation est quelque chose de très important chez beaucoup d’artistes »

La salle 12 sera habitée par une installation de Anthony McCall. Avant d’arriver à une salle de « Classique » : « Ce sont des œuvres que j’adore et que je ne savais pas comment placer » : Fontana, Morellet, West, Otto Piene. La salle 14 est grande et dédiée au Cosmos où l’on retrouve des nuits étoilées de Juliette Agné ou Fontcuberta, Éric Pougeau, Hubert Duprat… En 15 vient la nature avec Tetsumi Kudo, Markus Raetz, Wolfgang Laib, Herman de Vries, Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger.

 

Après nous avoir prévenu : « On m’attend beaucoup avec l’art brut or ce n’est que 10 % de ma collection et du coup j’en ai mis très peu dans l’exposition », Antoine de Galbert finit par accorder une salle à ce pan d’art  en salle 16, sous le titre : « Beauté insensée ». « J’ai quand même fait une salle sur l’art brut, c’est quand même une grande passion ». Il revient sur Louis Soutter et l’exposition que lui a dédié Maison Rouge. Il y a aussi une œuvre tardive du fondateur, Jean Dubuffet.

La dernière salle « Le dernier voyage » écroule des œuvres qui traitent du temps qui passent et de la mort et sa représentation: Jan Fabre, Annette Messager, Roman Opalka, Journiac, Pierre Molinier, Nicholas Nixon. Et des photos de cimetières signées Patti Smith, Abbas… Et tandis que Antoine de Galbert rappelle que la collection est un vrai art de la modestie, mais que si tout passe, il n’est pas interdit ici-vas de s’intéresser, Guy Tossatto donne un éclairage important de ce qui anime une telle vocation : « La collection d’Antoine de Galbert, est une sorte de vanité c’est le rappel permanent de la fugacités des choses? ». Fugacité qu’on ira volontiers saisir ce printemps, à Grenoble.

visuel : photo officielle

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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