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Les pièces rapportées de Théo Mercier investissent la Galerie de l’Homme        

Les pièces rapportées de Théo Mercier investissent la Galerie de l’Homme        

26 octobre 2017 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 2 avril 2018, les objets saugrenus et réflexifs du plasticien et metteur en scène Théo Mercier se fond des nids discrets parmi les objets que présente la Galerie de l’Homme restaurée du Musée de l’Homme. De quoi se laisser happer lors d’une promenade en famille sur les lignes des temps passés.

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Tout commence par une œuvre de transhumance et en même temps bien ancrée dans le lieu : avant même d’entrer dans la galerie, l’on découvre des Tours Eiffel comme il s’en vend à la sauvette sur l’esplanade du Trocadero dans l’intrigant « Collier-Passeport » de Théo Mercier. Puis l’on entre dans la grande Histoire de l’évolution et l’on se laisse obnubiler par la scénographie, oubliant les pièces rapportées du plasticien. Donc, au début l’on n’y fait pas tout à fait attention. Il faut au moins les panneaux blancs et oranges (assez discrets) pour pointer vers l’inquiétante étrangeté des objets que le plasticien Théo Mercier a disséminés dans ou entre les vitrines de la Galerie de l’Evolution. Aux confins de l’anthropologie et de l’ethnologie, son travail épouse l’environnement sans y adhérer complètement. Le rapport ou la « fausse note » frappe et met en question ce qui  a été bien classé et rangé. Ainsi des sculptures de tailles décroissantes inspirées des fameuses « Têtes réduites » de tribus indiennes (Le sens de l’Histoire ou la Grande Réduction) ou d’un phallus-totem qui interroge le genre, fièrement posé au milieux d’autres bibelots (Back to basics and gender studies 1) ou « Sans titre », une accumulation de têtes en bois fracassées et posées en tas d’inspiration africaines et qui pointent vers le sort tragique des migrants.  Au second étage, c’est la notion de collection et de classification que les pièces rapportées de Théo Mercier interrogent (Memento Mori, Le Goût du néant) et en final, c’est en plastique que l’artiste nous présente son souhait et son obsession les plus chers : « La possession du monde n’est pas ma priorité ». Une intrusion bienvenue dans l’impitoyable univers de l’humain….

Visuels : visite de l’exposition © YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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