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Le monde à part des « Naïfs » au Musée Maillol

Le monde à part des « Naïfs » au Musée Maillol

27 septembre 2019 | PAR Emilie Zana

Le Douanier Rousseau, Séraphine Louis, Camille Bombois… Le musée Maillol invite à la découverte du monde méconnu de ces Grands maîtres Naïfs, bien loin des avant-gardes. 

Peintres « du dimanche », peinture de genre, règles de la perspective bafouées et technique maladroite donnant au tableau un air enfantin… Cela a valu à ces artistes de l’entre-deux-guerres l’appellation relativement péjorative de « naïfs », connus aussi sous le nom de « primitifs modernes » d’après leur défenseur Wilhelm Uhde collectionneur et critique d’art.

Le monde des Naïfs débroussaillé

Si le Douanier Rousseau (1844-1910) en est le précurseur – et le plus connu, l’exposition tient à débroussailler ce monde à part peu exposé en mettant en valeur de manière thématique les oeuvres de Séraphine mais aussi d’André Bauchant, Camille Bombois, Ferdinand Desnos… Ces peintres autodidactes et souvent d’origine modeste ont pour certains exposé aux Salons et dans des galeries, voire soutenus par des artistes et amateurs d’art. C’est le cas notamment de Dina Vierny, muse de Maillol et fondatrice du musée en 1995, qui découvre André Bauchant à la galerie Jeanne Bucher pendant l’Occupation. Après la guerre, elle exposera d’ailleurs dans sa galerie Le Monde merveilleux des naïfs

Regards uniques

Ces artistes Naïfs ne forment pas un groupe et ne se connaissent pas particulièrement, malgré leurs nombreux points communs. L’exposition invite justement à découvrir l’originalité de chacun de leurs univers, accentuée par une scénographie bien pensée qui accorde les salles à l’ambiance des thèmes. On y ressent le calme de la mer chez Dominique Peyronnet, la douce chaleur des corps chez Camille Bombois ou encore le mystique des couleurs éclatantes chez Séraphine. Derrière le charme ingénu de leurs créations, la méticulosité du travail retient notre attention. Elle est le fruit du parcours singulier de ces artistes, de leurs influences, de leur quotidien… Comme la mer de Peyronnet témoignant sa maitrise de la technique de la lithographie en couleurs. Allant au-delà de la réalité, ces oeuvres naïves dépeignent leurs réalités.

 

Réunissant des œuvres originales issues de collections publiques et privées, l’exposition Du Douanier Rousseau à Séraphine – Les grands maîtres naïfs se tiendra jusqu’au 19 janvier 2020 au Musée Maillol, 61 rue de Grenelle 75007 Paris, tous les jours de 10h30 à 18h30, nocturne le vendredi jusqu’à 20h30. Réservation des billets ici

 

Visuels :

© Camille Bombois, La Tricoteuse, détail, 1925

René Rimbert, Vue sur la ville ou la fenêtre ouverte,  1929

Henri Rousseau dit Le Douanier Rousseau, Deux lions à l’affût dans la jungle, 1909-1910

André Bauchant, Le Jardinier dans les fleurs (autoportrait), 1938

Séraphine

Dominique Peyronnet, Orage sur la digue, 1932 et Immensité bleue, détail, 1943(?)

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Emilie Zana

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