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Le « Contact » en trompe l’œil majestueux d’Olafur Eliasson à la Fondation Louis Vuitton

Le « Contact » en trompe l’œil majestueux d’Olafur Eliasson à la Fondation Louis Vuitton

16 décembre 2014 | PAR Yaël Hirsch

Pour aller avec une deuxième session d’accrochages (magnifique salle Giacometti), la Fondation Louis Vuitton donne à voir sa première grande exposition d’art contemporain dans les sous-sols infiniment grands du bâtiment de Franck Ghery. Alors qu’il n’y avait pas eu de grande exposition Olafur Eliasson  à Paris depuis la rétrospective de 2002 au MAM, « Contact«  est un projet grandiose, à la fois esthétique et confrontant. L’expo de l’hiver à Paris.

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C’est en descendant sous la nef de verre de Franck Ghery et par des escaliers mécaniques imposants que l’on entre dans l’univers du « Contact » proposé par Olafur Eliasson. Dans un parcours quasi-initiatique qui prend des allures de croisière à la recherche de l’autre et de soi – quasiment dans le noir, l’artiste islando-danois installé à Berlin propose au spectateur d’interroger sa « capacité à se connecter à autrui ».

Dans des jeux d’ombre et de lumière, où l’on se reproche dangereusement de soi comme d’un étranger au bord de miroirs métaphysiques, la croisière des sens s’amuse à tanguer : dans « Map for unthought thoughts » (« Carte des pensées non réfléchies ») l’on est dans une caverne pleine d’illusions généreusement esquissées. Des sphères lumineuses et diffractées annoncent et entérinent cet espace avant que l’on puisse se plonger dans la lumière orangée et le fil directeur du cœur de l’exposition : « Contact » où les brouillards sont moins épais et la présence à soi ainsi qu’à l’autre beaucoup plus évidente.

On arrive ensuite à la croisée des chemins avec les hélices élégantes d’une sculpture qui fait le « Pont avec le futur ». Encore un effort et quelques pas, et l’on se trouve plongé dans l’univers stroboscopique d’une « Fontaine Big bang » bleue et mousseuse, également un peu inquiétante.

Alors qu’on s’était perdu de vue dans cette épiphanie de lumière, le patio jaune de « Inside the Future » ainsi que les miroir des quarante-trois colonnes triangulaires qui le constituent amènent à se retrouver soi, au cœur de la démarche, et prêt à avancer au loin vers le lit apaisant de la rivière artificielle qui borde la Fondation.

La marche prend fin, là où le sol (et le sous-sol) s’arrêtent. L’on se décide alors s’il on est prêt ou pas à aller au delà du « contact ».

A la fois majestueuse et percutante, l’immense installation de Olafur Eliasson pour la Fondation Louis Vuitton se glisse dans le bâtiment de Ghery comme dans des chaussons et ne laissera personne indifférent.

visuels : Yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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