Expos
La rédaction vous dévoile ses coups de coeur de l’AKAA 2019 !

La rédaction vous dévoile ses coups de coeur de l’AKAA 2019 !

13 novembre 2019 | PAR Chloé Coppalle

Après vous avoir présenté la quatrième édition de la Foire d’art contemporain et de design africain (AKAA Art Fair), la rédaction vous propose un focus sur quatre coups de cœur !  Suivez le guide !

Léonard Combier, By Lara Sedbon, Paris

Léonard Combier est un jeune dessinateur dont le tracé est parfaitement maîtrisé. Pour l’AKAA, la galerie Lara Sedbon, qui le représente, lui a proposé de travaillé sur le motif du masque africain. Le résultat de cette proposition est une série en noir et blanc de toiles symétriques, avec en son centre un masque, entouré par un ensemble de rosaces et de formes courbes, détaillées et précises, donnant le sentiment que si le moindre trait bouge, c’est l’ensemble de l’harmonie produite qui vole en éclat. A côté de ces quelques tableaux, le même type de toiles, en couleur et avec d’autres motifs est également exposé. Le contraste des tons chromatiques frappe car les œuvres exposées étaient soient noires et blanches, soit avec des couleurs pétantes, vives et fluo, qui font écarquillées les yeux ! Le clou de cette exposition était Sans titre, acrylique, posca et encre sur cartons entoilés, 2015, peinte sur une dizaine de carreaux assemblés. Chaque carreau pouvait être déplacé, permettant des centaines de combinaisons possibles sur une seule œuvre. Son travail nous emmène dans un monde irréel, qui s’organise selon plusieurs niveaux de lectures : une vue large de la composition, et une vue nécessitant que le visiteur se rapproche du tableau pour découvrir un ensemble de tous petits éléments racontant une autre histoire.
Travaillant sans dessins préparatoires, le travail de Léonard Combier est un des grands coups de cœur de cette nouvelle édition, pour tout ceux qui sont sensibles au dessin et aux couleurs vives, fortes et puissantes ! 

Ernesto Shikhani, Perve Galeria, Lisbon

Ernesto Shikhani est un artiste venant du Mozambique. Lors de l’AKAA, la galerie exposa son travail sur deux périodes, l’une avant l’indépendance (1974) et l’autre après. La période d’avant l’indépendance se démarque par son absence de visages humains généré par un besoin de ne pas désigner les individus à cause de conflits politiques. Le peintre travailla alors des figures anthropomorphes particulièrement intrigantes. Des espèces de monstres aux grandes dents ou aux visages composés par des fragments de plusieurs éléments : les dents au niveau des joues, les yeux à la place du nez. Les gammes chromatiques sont sombres, marrons, verts, résonnant avec des rouges vifs ou des marrons chauds. Les œuvres parlent d’une tension dans la représentation de ces figures cauchemardesques. Peu connu, l’artiste est représenté par la Perve Galeria, au Portugal. Surtout exposé dans des collections privées, l’occasion était incontournable pour découvrir ce fort travail pictural !

Fantasia, une Mémoire … un Art, par Leïla Boutammine Ould Ali, Veolia

L’artiste algérienne Leïla Boutammine Ould Ali présente cette année un ensemble de photographies qui à première vue semblent relativement identiques, or bien sûr, il n’en est rien ! Ce projet participe au programme de l’entreprise Veolia, « Ambitions for Africa », visant à soutenir les artistes contemporains. À travers quatre ensemble de clichés immortalisant des cavaliers, armes aux bras et chevaux galopant à toutes allures, les compositions marquent par leur dynamisme et étrangement, par une certaine impression d’immobilité. En effet, les œuvres sont en réalité des chronophotographies, d’où l’impression d’arrêt en plein vol ! Pour cette série, l’artiste présente les différentes façon de réaliser le Fantasia, spectacle équestre présent en Afrique du Nord. La selle haute et non confortable, mettant le cavalier sur un piédestal renvoie à la tradition turque, les tapis ornementés par des motifs en laine à la tradition berbère, ou l’harnachement simple, sans valeur ostentatoire des influences arabo-mauresques, évoque la monte arabe. En Algérie, les troupes de cavaliers (appelées les chaires aralfa) représentent jusqu’à vingt-cinq cavaliers qui accomplissent une salve, alors qu’à l’Ouest, les chemins étant plus sinueux, les hommes ne se comptent que jusqu’à cinq. Leïla Boutammine Ould Ali photographie l’équitation comme une valeur identitaire. Lors de la foire, elle expliqua qu’avec la mondialisation, ces spectacles apparaissent comme une sorte d’auto-défense, les individus se réfugiant dans ce qu’ils maîtrisent face à ce genre de phénomène. Difficiles à comprendre sans les très enrichissantes explications de l’artiste, les photographies abouties amènent à contempler un des motifs les plus anciens de l’histoire de l’art, celui du cheval, ici capturé dans un mouvement de vitesse immortalisé en puissance, les muscles saillants.

David Uzochukwu, Galerie Number 8, Bruxelles

Photographie toujours, avec David Uzochukwu, photographe exposant quelques échantillons de sa série Pluton, réalisée avec la plateforme de transfert d’images WeTransfer. Une photographie présente était particulièrement marquante. Il s’agit d’Ignite, réalisée en 2019 sous une impression jet d’encre pigmentaire. La position gracieuse du modèle tranche avec le reste de la composition mettant à l’honneur la force des décors naturels, ici le ciel et les nuages  dans un camaïeu de bleu et blanc, tranché avec subtilité par ce qui peut sembler être des flammes. Dans ses clichés, il met en mouvement danseurs, musiciens ou acteurs de sa génération, qu’il immortalise dans des compositions réalisées avec beaucoup de finesse.

Visuels : 
– en présentation : UZOCHUKWU David, Ignite, 2019, fine art print Hahnemühle Photo Rag Bright White, 310gms, Galerie Number 8  
– COMBIER Léonard, Sans titre, 2019, quadriptyque acrylique, posca sur toile, 200×200, By Lara Sedbon
– COMBIER Léonard, Sans titre 2019, acrylique, posca sur toile, 140×140, By Lara Sedbon
– BOUTAMMINE OULD ALI Leila, Fantasia, une Mémoire … un Art, chronophotographie, Veolia Ambitions for Africa
– BOUTAMMINE OULD ALI Leila, Fantasia, une Mémoire … un Art, « A l’épreuve du temps », Chronophotographie, Veolia Ambitions for Africa 
– COMBIER Léonard, Sans titre, 2015, acrylique, posca et encre sur cartons entoilés, 15 panneaux interchangeables, 150 x 250 cm, By Lara Sedbon
– SHIKHANI Ernest, cartel ?, Perve Galeria

L’AKAA 2019 clôture sa 4ème édition au Carreau du Temple !
Aldous Harding, la révélation indie folk
Chloé Coppalle

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *