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La jolie « forêt des songes »  de Julie Perrin

La jolie « forêt des songes » de Julie Perrin

09 avril 2019 | PAR Pierre-Lou Quillard

On avait envie de prendre l’air à Toute la Culture… D’aller faire une petite balade en forêt, dans la nature, sans pour autant quitter notre état de culture. Pas d’excursion pédestre à travers bois, donc, mais une jolie « forêt des songes » à travers l’oeuvre et l’imaginaire de Julie Perrin, artiste-peintre qui expose sa dernière série à la Elia Art Gallery jusqu’au 27 avril. Rencontre. 

C’est à deux pas du célèbre atelier de la rue des Grands-Augustins où Picasso peignit Guernica que s’expose aujourd’hui une toute autre œuvre composée d’arbres, de toiles et de mots. Derrière la porte cochère du 9 rue Christine, une petite cour pavée mène à la Ellia Art Gallery, espace plutôt exigu mais très accueillant, réservé aux artistes.

Julie Perrin, gilet vert prairie, pantalon vert bouteille, nous accueille chaleureusement dans son univers tout aussi verdoyant. L’artiste qui a étudié au Museum School of Fine Arts de Boston revient sur ses sujets d’inspiration et distingue deux périodes dans son œuvre. « Je peignais des têtes avant la naissance de mon fils qui a aujourd’hui 17 ans ». L’artiste, qui s’intéressait alors à l’intériorité de l’être, ne s’explique pas les réelles raisons de ce basculement qui l’a mené à explorer les motifs forestiers des arbres et de leur symbolique. Elle reconnaît être passée de l’être du monde à la nature, en quelque sorte, sans savoir réellement pourquoi. Il y a sans doute une part de mystère chez cette artiste qui questionne perpétuellement la signification de ses œuvres, alors même qu’elle nous les présente. Mais elle se reconnaît vite vaincue dans cette entreprise lorsqu’elle nous révèle peindre très instinctivement. « Quoi que tu peignes, c’est la peinture qui prend le dessus ». Critiques d’arts, philosophes et romanciers peuvent aller se recoucher. Ça n’est encore pas aujourd’hui que nous résoudrons les mystères de la création artistique.

Si l’artiste est revenue plus récemment au support plus classique de la toile, elle nous explique avoir beaucoup travaillé avec le papier journal, un « support riche » qu’elle place en arrière-plan de ses créations afin de faire dialoguer sa peinture avec « la musicalité du texte » qui l’intéresse tout particulièrement. Derrière les feuillages peints, on distingue des gros titres de journaux ici et là, ceux d’une édition anglophone du New York Time ou encore de Libération qu’elle affectionne tout particulièrement pour la qualité de son papier et de ses impressions. « Là-dessus, nous explique-t-elle, je fais pousser des forêts pour faire taire le compte rendu du monde ». La nature reprend ses droits sur la culture, en envahissant les lignes d’actualité.

Les arbres de Julie Perrin n’ont rien de réalistes. Pas de pins, de peupliers, de chênes et de hêtres  mais des formes, des ombres qui renvoient aux représentations que l’on se fait de l’arbre. « Ce qui m’intéresse c’est l’idée de l’arbre » nous confie-t-elle. « Une forêt c’est à la fois le lieu de nos peurs archaïques et un lieu de protection ». Les arbres de l’artistes sont des projections qui ne sont d’ailleurs que très rarement inspirées d’images réelles. Tout juste une série s’intéresse à un fragment spécifique d’un arbre dont elle avait la photo mais conserve cet effet de floue que l’on retrouve dans bon nombre de ses créations subtiles.

Qu’on se rassure. A l’heure où la déforestation fait rage et menace notre planète, les forêts rêvées de Julie Perrin sont loin d’être déracinées, tant elles continuent d’envahir toiles et galeries.

 

Informations pratiques : 

Ellia Art Gallery
9, rue Christine, 75006 Paris.
Me?tro : ligne 4, station Saint Germain ou Ode?on.

 

Et pour ceux qui seraient curieux de découvrir son œuvre dans un autre contexte, Julie Perrin participe également à une exposition de groupe qui s’intitule « Oxygène » en ce moment à la galerie 24B (retrouvez les informations pratiques ici)

 

Visuels : ©dezarts

Image mise en avant : Julie Perrin – Sans titre – 2019 – Acrylique sur toile – 92 cm x 65 cm

 

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