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La Collection Bührle de passage au Musée de l’Hermitage

La Collection Bührle de passage au Musée de l’Hermitage

01 mai 2017 | PAR Yaël Hirsch

Alors que la Fondation qui accueillait les œuvres réunies par l’industriel allemand Emile Bührle (1890-1956) a fermé ses portes en 2015 pour rouvrir dans la nouvelle annexe du Kunsthaus de Zürich en 2020, les chefs d’œuvres de cette collection s’exposent jusqu’au 29 octobre 2017 à la Fondation de l’Hermitage sur les hauteurs de Lausanne. Une proposition thématique de toiles de maîtres 19e et 20e siècle, à ne pas manquer.

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Industriel allemand venu travailler en Suisse, Emile Bührle a réuni des centaines de chefs-d’œuvres impressionnistes, fauves et aussi plus classiques, avec certaines acquisitions permises par la Seconde Guerre mondiale.

L’exposition des chefs d’œuvres de cette collection à la Fondation de l’Hermitage explique cela, ainsi que la manière dont les toiles spoliées aux juifs ont été restituées ou rachetées à nouveau. L’on apprend aussi que cela fait trois générations que la famille Bührle gère elle-même la Fondation qui entoure ses œuvres. Alors que le père fondateur trône au 2 ème étage, peint dans son quotidien par Oskar Kokoschka, l’on découvre au fur et à mesure ses goûts (il n’a pas apprécié Picasso avant les années 1950) et l’on  nous fit qu’il a aussi commis certaines grosses erreurs de parcours (l’achat de faux autoportraits de Rembrandt et Van Gogh).

Les trois autres étages de l’écrin qu’est l’Hermitage propose un parcours thématique, qui culmine autour de deux grandes obsessions : l’art du portrait (Fantin-Latour, Frans Hals, Gustave Courbet) et la recherche de chefs d’œuvres (le semeur de Van Gogh, Waterloo Bridge de Monet, le Garçon au gilet rouge de Cézanne ou L’offrande de Gauguin). La suite de l’exposition retrace les paysages impressionnistes (Monet, Sisley), propose une magnifique salle de Manet (Le Suicidé, Les hirondelles…), un vis-à-vis réussi avec vue sur jardins Degas / Renoir.

Le sous-sol regorge d’une magnifique salle de nabis (Vuillard, Bonnard) suivie d’une excursion vers Vlaminck, Soutine, Picasso, Modigliani et Derain, qui se prolonge sur les collections permanentes de l’Hermitage (avec de magnifiques Vallotton).

La salle la moins convaincante est peut-être celle qui mêle le réalisme (sublimes toiles de Daumier néanmoins!) et le romantisme (Delacroix) mais qui ouvre l’attention sur l’idée que l’orientalisme, le symbolisme ou le rêve étaient peu du goût du collectionneur.

Le parcours est donc infiniment agréable, avec des chefs d’œuvres à perte de vue. Si l’angle est léger, la balade picturale vaut réellement le détour. A ne pas manquer, donc si vous passez par Lausanne.

visuels : pris sur place

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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