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La Cité internationale de la tapisserie tisse Tolkien

La Cité internationale de la tapisserie tisse Tolkien

23 juin 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La Cité internationale de la tapisserie a signé une convention avec le Tolkien Estate pour la réalisation en quatre ans à Aubusson d’une série exclusive de treize tapisseries et un tapis, tissés à partir de l’œuvre graphique originale de J. R. R. Tolkien. Emmanuel Gérard, directeur de la Cité internationale de la tapisserie nous parle de cet événement.

C’est un projet fou qui donne à voir le making-of de l’oeuvre, racontez-moi les différentes étapes que les visiteurs voient ?

« Aubusson tisse Tolkien », c’est l’adaptation inédite de l’œuvre graphique du célèbre auteur du Seigneur des Anneaux et de Bilbo, JRR Tolkien, en tapisseries monumentales.
Le point de départ de cette tenture Tolkien est un ensemble d’aquarelles et dessins originaux du célèbre auteur, conservé à la Bodleian Library d’Oxford et dont la plupart ne mesurent qu’une vingtaine de centimètres de côté. C’est tout le savoir-faire aubussonnais que de réussir la transposition de ces petits formats en œuvres tissées de plusieurs mètres carrés, en respectant les œuvres originales. Le parti-pris a été de créer une tenture dans l’esprit de l’époque d’origine des illustrations, pour la plupart dans les années 1930. Les œuvres de la tenture Tolkien représentent ainsi un défi technique, car la manière de la tisser déterminée par le comité technique demande une certaine gymnastique aux lisières : renouer avec des techniques très peu usitées aujourd’hui. La définition des grands principes techniques et esthétiques des futures tapisseries a en effet été établie en amont par le comité de tissage constitué de la cartonnière, d’un lissier référent et du conservateur de la Cité de la tapisserie Bruno Ythier. De même toutes les couleurs ont été choisies en amont, pour créer l’unité de la tenture. Le visiteur peut découvrir le travail du choix des couleurs, le tracé du « carton de tapisserie », qui sert ensuite de guide au lissier, ou encore ce qu’est une « tombée de métier », lorsque la tapisserie est terminée et libérée du métier à tisser. Enfin dans le prolongement de la visite, le visiteur est autorisé trois fois par semaine à pousser les portes de l’atelier de tissage, pour suivre la réalisation de la 6e pièce de la tenture, « Les Trolls », jusqu’à la fin du mois d’aout.

Treize tapisseries et un tapis seront en bout de course, exposés. Que représentent-elles ?

Quatre séries structurent les treize tapisseries murales, en lien à différents ouvrages de l’auteur : Les Lettres du Père Noël (recueil de lettres écrites et illustrées par J. R. R. Tolkien pour ses enfants entre 1920 et 1942, dont les trois tapisseries sont dévoilées chaque mois de décembre à Aubusson jusqu’à la fin 2020), Le Hobbit, Le Seigneur des anneaux, ainsi que Le Silmarillion (œuvre publiée à titre posthume en 1977 par le fils de J. R. R. Tolkien, Christopher Tolkien), qui retrace les premiers ges de l’univers de la Terre du Milieu, cadre des romans.
Le tapis est un tapis elfique (un tapis de Numénor) dessiné par Tolkien, qui griffonnait beaucoup d’éléments de décoration, comme des carreaux de céramique, des blasons, et en l’occurrence, quelques tapis.

Avez-vous envie de représenter d’autres fictions ?
Avec « Aubusson tisse Tolkien », nous avons réussi à porter le savoir-faire de la tapisserie vers de nouveaux publics, depuis le fan de l’auteur jusqu’au public familial moins connaisseur de l’œuvre originale de Tolkien. Renouer avec les grandes tentures à travers ce type d’œuvres est extrêmement porteur comme outil de promotion à dimension internationale pour la tapisserie et ses savoir-faire. Nous avons donc très envie de poursuivre ce travail. Après le public anglo-saxon, il nous semblerait intéressant de nous tourner vers l’Asie.

Pour ce projet est-ce que l’approche jeune public est renforcée ?
Le support de l’œuvre de Tolkien est extrêmement parlant pour le jeune public, pour l’aider à saisir le processus de « mise en laine » d’une œuvre graphique, le travail de préparation et la réalisation du tissage.
Quoi de mieux qu’un dragon sur son tas d’or pour comprendre le travail sur les matières, de fil d’or ou de laines mates ? Cet univers de légendes, peuplé de créatures fantastiques, nous a permis par exemple de créer un atelier jeune public plébiscité, occasion de faire le lien avec l’ensemble des collections.

Informations et réservations

Du 29 juin jusqu’au 31 décembre à la Cité internationale de la tapisserie, BP 89 – Rue des Arts, 23200 AUBUSSON. 

Visuel : ©TheTolkienEstateLtd1937

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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