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Julie Crenn réunit Noël Dolla et Delphine Trouche au Transpalette de Bourges

Julie Crenn réunit Noël Dolla et Delphine Trouche au Transpalette de Bourges

27 juin 2019 | PAR ines arrom

Le célèbre Noël Dolla et la jeune Delphine Trouche se réunissent au Transpalette de Bourges pour exposer tout l’été leur passé, leur présent et même un peu de leur avenir en tant qu’artistes.

 

 

C’est à Bourges que sont exposés One Way or Another et Dissident.e.s sous le commissariat de Julie Crenn, deux expos intiment liées. Elle fait le choix pour la deuxième année consécutive de rassembler deux artistes sur un même projet pour la période estivale. Elle crée la rencontre de la jeune Delphine Trouche et du célèbre Noël Dolla que tout semble opposer. « Je voulais rassembler un artiste connu avec un autre artiste plus jeune et un peu moins connu, pour aussi mettre le travail de ce dernier en avant. »

Pour One Way or Another, Julie Crenn a presque délaissée son commissariat au duo. Elle leur a demandé de faire une liste d’artistes qu’ils aiment, qui les inspirent et dont ils supportent le travail. Farouchement attachée à la parité et aux questions féministes, Julie Crenn choisit parmi eux six hommes et six femmes, qu’elle expose à La Box ENSA, centre d’apprentissage et d’exposition d’arts de Bourges. C’est ainsi que s’est construite One Way or Another, nommée d’un titre d’une chanson comme la plupart des expos de Julie, « sur un système d’alliances à la fois plastiques et humaine ». Les œuvres de ces douze artistes sont exposées du 28 juin au 31 août à La Box, on y retrouve entre autres Giulia Andreani, Mathilde Denize, Davide Cascio, Eléonore Cheneau, Karim Ghelloussi, Jean Laube…

 

 

Trouche & Dolla au Transpalette de Bourges

 

À quelques centaine de mètre de La Box, se réunissent enfin les deux artistes par leurs propres œuvres au  Transpalette de Bourges, c’est ainsi que née Dissident.e.s . Par leurs engagements politiques et leur amour pour l’humour, les deux artistes se détachent de ce qu’ils n’aiment pas : la réussite assurée. « Artistiquement, je me situe là où ça peut être un succès, comme ça peut être un échec, j’aime ce risque et cette fragilité » assure Delphine Trouche lorsqu’on lui demande de raconter son univers. Noël est dans le même état d’esprit, « lorsque je peins c’est comme si je lançais une balle de tennis sur une plage de galets, je ne sais pas vraiment quand m’arrêter et où ça va aller ».  

 

Au rez-de-chaussée, on retrouve l’alliance Dolla/Trouche avec des oeuvres, pour la plupart anciennes, qui ont marqué leurs carrières respectives. Au centre de la pièce, une impression sur tapis avec une paire de chaussure. Celles que Delphine portait lorsqu’elle a rencontré, plus jeune,  Noël Dolla pour la première fois lors d’un vernissage. Sans savoir comment l’approcher, elle eut l’idée de lui offrir ses chaussures pour l’accoster. Par manque de courage, elle ne l’a pas fait. Aujourd’hui elle collabore avec lui, c’était l’occasion de les lui offrir pour de bon, sur une oeuvre.  Dolla expose son mythique Étendoir devant ces chaussures et sa série nommée « Pli et Replis » couvertes de bandes de tarlatanes en référence à son passée de peintre en bâtiment. 

 

 

Le premier étage, celui de Delphine Trouche est recouvert de moquette. Support principal de l’artiste. Moquettes d’ailleurs accrochées avec des aimants car « j’aime cette idée que rien n’est définitif et l’acceptation de la perte », assume-t-elle. Elle se sert justement des pertes de ses œuvres pour en faire d’autres. « Avec tout ce qui est accroché ici, elle a de la matière pour au moins 20 ans » plaisante Julie Crenn. On retrouve à cet étage de très jeunes œuvres, pour certaines réalisées pour Dissident.e.s. On remarque une évolution entre son passée et son présent en tant qu’artiste. Les thématiques et les techniques ne sont plus exactement les mêmes. Depuis plusieurs mois, Delphine s’est plongées dans des écris féministes qui l’a beaucoup inspiré. Elle se lance même dans la réalisation d’un documentaire sur la désobéissance féminine dans le sport, dont certaines vidéos sont exposées à la Transpalette.  

 

 

Le second étage c’est la suite d’une série connue de Dolla, « Sniper ». À l’aide d’un « debouche chiotte à air » comme il aime l’appeler, il tire sur la peinture placée sur un tableau ou d’autres objets du quotidien, comme la table a repasser. Cette explosion de peinture représente poétiquement avec des couleurs gaies, des tirs des sniper tuant des personnes innocentes. Noël Dolla étant très attaché au combat palestinien, il s’en est inspiré pour sa série et a même fait une sculpture/guirlande de boules rouges, vertes et blanches pour rendre hommage au drapeau, la pièce centrale des trois étages. 

 

Un mélange pop, pauvre, positionné et même amusant a vu le jour à Bourges sans que personne ne s’y attende et ne bougera pas jusqu’au 14 septembre 2019. Julie Crenn l’affirme, signe et persiste : « J’aime bien réunir les artistes qu’on ne s’attend pas à voir ensemble ». Alors pari réussi ? 

 

Visuels : © François Fenrnadez 

© Inès Arrom

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ines arrom

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