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Jeanne Paquet, Chef de service Patrimoine et Tourisme  nous parle de la réouverture du Musée de l’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie

Jeanne Paquet, Chef de service Patrimoine et Tourisme nous parle de la réouverture du Musée de l’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie

14 février 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Jeanne Paquet est Chef de service Patrimoine et Tourisme à Mantes-la-Jolie. Depuis plus d’une année, le Musée de l’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie est fermé pour travaux. L’ouverture se fera le 15 février, avec à noter, les 16 et 17 février, de 14h à 18h, une programmation exceptionnelle.

Le musée rouvre le 15 février. Quels ont été les travaux réalisés ?

Le musée est installé dans l’ancien Hôtel-Dieu du XVIIe siècle. La chapelle est inscrite et la façade classée au titre des monuments historiques. Les travaux ont donc été dirigés par un ACMH architecte en chef des monuments historiques.
La tranche ferme qui s’est achevée en décembre avait avant tout pour but de rétablir des parties usées par le temps, d’améliorer les conditions climatiques et donc la conservation des oeuvres et bien sûr de magnifier tout autant le bâtiment que la salle d’exposition dédiée à la présentation permanente des oeuvres de Luce.  Des rénovations extérieures (des façades avec nettoyage des parements en pierre de taille, mise en œuvre de tirants, restaurations des menuiseries) et intérieure avec la création d’un nouveau parcours au premier étage pour la collection Maximilien Luce (installation d’un faux-plafond, nouvelles cimaises, pose de volets et de films UV).

Une tranche optionnelle commencera cette année pour compléter les travaux en nettoyant la façade et l’aile sud du bâtiment ou se trouvent l’accueil et les bureaux.

En profitez-vous pour montrer d’autres oeuvres ?

Auparavant deux étages étaient consacrés aux expositions temporaires qui mettaient à l’honneur l’oeuvre de Luce à travers des thématiques précises. Mais le visiteur ne pouvait pas voir l’ensemble de la collection selon les sujets évoqués. Désormais, le parcours imaginé avec la scénographe Mme Catalina Defta, a amplifié l’espace d’accrochage et permet de montrer de façon chrono-thématique les différentes facettes de la carrière de Luce. Un cabinet d’arts graphiques au cœur du parcours offre au regard du visiteur ses dessins, lithographies, illustrations de presse. Cet espace aux conditions lumineuses adaptées présentera de nouveaux dessins et gravures tous les trois mois. Le musée mène une politique d’enrichissement et de restauration. Durant la fermeture quatre huiles sur toiles et trois dessins ont été acquis et les visiteurs pourront découvrir des oeuvres qui n’étaient pas exposables avant restauration.

Par exemple : Une huile sur toile L’exécution de l’Aslacienne acquise en 2017 avec son étude, une huile sur carton restaurée pendant les travaux. Ce sera la première fois qu’ils seront exposés ensemble. En 2018, le musée a acquis une oeuvre des débuts de Luce : Le Pont de Solférino, qui complète la collection qui comportait peu d’œuvres de ses années d’apprentissage.
Deux dépôts sont aussi venus compléter le parcours : un Autportrait de Luce conservé au musée Départemental Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye et un dépôt de La fuite en Égypte de Jean-Baptiste Camille Corot que Luce admirait beaucoup et qui comme lui peignit beaucoup à Mantes.

 

Quelle est la spécificité du Musée de l’Hotel Dieu ?

La spécificité du musée est la collection de Maximilien Luce qui est connu pour avoir été un des membres actifs du groupe néo-impressionniste et pour avoir été un grand illustrateur dans la presse anarchiste. Il s’installa à Rolleboise à quelques kilomètres de Mantes et passa la fin de sa vie à peindre dans le mantois, autour des boucles de la Seine. Son fils offrit à la ville une partie de sa collection en 1971. Grâce à une politique d’acquisition menée depuis, le musée de l’Hotel-Dieu conserve la plus importante collection de Luce en France. Le nouveau parcours permet de montrer 77 œuvres de la collection qui en comporte près de 350.
Le musée en parallèle conserve et valorise aussi le patrimoine local. Voisin d’une magnifique collégiale gothique du XIIe siècle, le musée présente un dépôt lapidaire et des vitraux provenant du monument.

Quelle attention est portée aux enfants ?

Le musée prête une attention particulière aux enfants, des plus petits aux adolescents, notamment en proposant des visites guidées et des ateliers avec des médiateurs spécialisés. La réouverture à été l’occasion d’intégrer physiquement les enfants dans les salles d’exposition en proposant à chaque étage un espace ludique pour appréhender autrement les oeuvres (espace modelage en lien avec la sculpture médiévale, puzzles et coloriages à l’espace Luce et livrets jeux dans les expositions temporaires).
Le musée a rejoint la communauté des musées bienveillants à l’égard des enfants que regroupe l’association môm’art et propose désormais un sac muséojeux qui permet de visiter librement le musée, à son rythme.

Avez vous cultivé une partie numérique dans votre parcours ?

Pour la première fois l’expérience de visite est complétée par des outils numériques. Le cabinet d’arts graphiques dispose d’une tablette avec une application permettant d’accéder à des informations complémentaires sur les techniques graphiques et sur la carrière de Luce. Des vidéos montrent par exemple comment se fait une gravure sur bois, des visuels font le lien entre les dessins de Luce et ses oeuvres peintes.
Dans le cadre de l’exposition temporaire sur l’histoire du musée et ses collections, nous avons fait des recherches sur l’histoire du monument de l’Hotel-Dieu. Il accueillit entre 1912 et la Seconde Guerre mondiale, un cinéma, Le Palace. Une modélisation 3D créée par Digitage permet une visite virtuelle de la salle de cinéma qui prenait place dans la chapelle autrefois.

Informations pratiques

Entrée libre. Plus d’infos sur manteslajolie.fr

Musée de l’Hôtel-Dieu – 1, rue Thiers. Tél. : 01 34 78 86 60

[email protected]

Prochaines expositions temporaires :

– Mantes et ses musées, du 16 février au 29 avril 2019.

– Maximilien Luce et Léo Gausson, pionniers du néo-impressionnisme, du 27 mai au 16 août 2019.

À partir du 16 février

Lundi & jeudi : 9h-12h & 14h-18h

Mercredi, vendredi, samedi & dimanche : 14h-18h

Fermé le mardi

 

Visuels :

 

Légendes : 
2017.1.1 : Maximilien Luce, L’Exécution de l’Alsacienne, 1914, huile sur toile, inv. 2017.1.1, Musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie, (C) Ville de Mantes-la-Jolie 

Jean-Baptiste Camille Corot, La Fuite en Egypte, vers 1850, Dépôt de la ville de Rosny-sur-Seine, restauré grâce au soutien de la Sauvegarde de l’Art français (C) RMN-Grand Palais / Philipp Bernard 

Maximilien Luce, Autoportrait, vers 1910, HUile sur toile, dépôt du musée Départemental Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye, inv. PMD 984.16.1, (C) RMN-Grand Palais /Benoît Touchard 

Maxilmilien Luce, Le Pont de Solférino, 1885, huile sur toile, 2018.3.1, Musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie

 

(Article partenaire)

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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