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« Icônes de l’Art moderne » : La Fondation Louis Vuitton célèbre la collection Chtchoukine

« Icônes de l’Art moderne » : La Fondation Louis Vuitton célèbre la collection Chtchoukine

20 octobre 2016 | PAR Yaël Hirsch

Ce vendredi 22 octobre 2016, la Fondation Louis Vuitton met son immense espace et l’abri de ses toitures dessinées par Franck Gehry, revues aux couleurs de Daniel Buren au service d’un perspective unique sur l’un des collectionneurs les plus mythiques : le russe Sergueï Chtchoukine (1854-1948). Une exposition qui scénographie en 14 salles sur 3 étages de la Fondation 127 œuvres de cette collection et 31 œuvres qui en ont été inspirées. Le tout a lieu de manière thématique et chronologique selon les dispositions des œuvres sur les murs du Palais Troubetzkoy où vivait la famille Chtchoukine à Moscou avant la Révolution. Une exposition-fleuve qui renversera tous les amateurs d’impressionnisme, de cubisme, de fauvisme et de constructivisme…

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Alors que ses collections ont été nationalisées par Lénine en 1918 et séparées en deux musées Pouchkine à Moscou et Ermitage à Leningrad) par Staline en 1948, Sergueï Chtchoukine (décédé en France en 1936 apès avoir fui la révolution) avait été un peu oubliée. C’est la première fois que la majeure partie des collections Chtchoukine (qui comptaient 275 opus)sont ainsi rassemblées, donnant lieu à un grand inventaire d’œuvres qui ont pu être décriées pendant 30 ans dans l’URSS comme exemples d’art moderne occidental bourgeois. Et sous le titre « Icônes de l’Art l’art moderne », dans le cadre du programme de l’année franco-russe 2016-2017 du tourisme culturel, le double parti-pris de l’exposition est fort :

Montrer les goûts d’un collectionneur à partir des œuvres acquises : on suit les étapes de sa collection avec une troisième salle sur la première collection, une phase de fanatisme impressionnisme dès 1898 et puis le cubisme jusqu’en 1912. Dans une magnifique scénographie qui retrace avec des photos dans les immenses salles de la Fondation Louis Vuitton des pièces entières du palais Troubetzkoy (La salle Rose des Matisse par exemple et un film multi-écrans signé Peter Greenaway met tout de suite en scène la commande par Chtchoukine de grandes fresques de danseuses à Matisse). Et après avoir vu son portrait auprès d’autoportraits d’artistes, on apprend donc que le nu était tabou pour lui et l’on explore pourquoi les paysages forment la majeure partie de la collection (90 toiles)

– Mais dans le deuxième agenda de l’exposition, on apprend aussi quel rôle Chtchoukine a joué sur le création de son pays lorsqu’il a ouvert les portes des son Palais à Moscou aux artistes russes qui ont pu s’inspirer du modernisme de l’Ouest. Les amateurs de Malevitch, Gontcharova, Klioune, Oudaltsova, Popova et Tatline pourront mesurer en fin de parcours comment découvrir comment les salles d’incroyables Monet, Gauguin, Matisse, Picasso (Les trois femmes de l’Ermitage sont à tomber!) mais aussi Cézanne, Vang Gogh, Douanier Rousseau.

Une des très grandes expositions de l’année.

© « Portrait of Sergei Shchukin » Krohn, 1915 – Ermitage Museum Saint Petersburg
© Gauguin : Eh quoi, tu es jaloux ? (1892), musée Pouchkine

photos : YH

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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