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Kollektsia: L’art russe « non-officiel » au Centre Pompidou

Kollektsia: L’art russe « non-officiel » au Centre Pompidou

16 mars 2017 | PAR Camille Bardin

C’est un panorama de 40 ans d’histoire de l’art contemporain Russe qui est actuellement exposé au Centre Pompidou. Une donation exceptionnelle qui réunit 250 oeuvres de la Vladimir Potanin Foundation, d’artistes et de leurs familles. Une exposition stimulante qui plonge le visiteur dans la Russie de la seconde moitié du XXe siècle, alors URSS.

Le Centre Pompidou corrige la copie des historiens de l’art. Jusqu’au 27 mars, 65 artistes longtemps réprimés et méconnus de la seconde moitié du XXe siècle Russe sont exposés. Peintures, sculptures, photographies et installations, l’exposition est complète et propose une lecture fine de l’art contemporain si longtemps caché par le régime soviétique.

Une guerre contre le conformisme artistique

La visite commence dans la fin des années 1950. A l’époque, Khrouchtchev est au pouvoir et impulse la politique de dégel. Ainsi les artistes ont accès à des expositions et des oeuvres inédites pour eux. Cette prise de contact avec la création contemporaine internationale créer alors un véritable sursaut artistique. Les artistes dits « non conformistes » comme Francisco Infante, Erik Bulatov, ou encore Igor Shelkovsky renouent avec l’idéal de l’artiste visionnaire. En donnant un second souffle aux pratiques des avant-gardes, ils gardent leur individualité. Et pour cause: leur pratique reste encore clandestine. La fermeture de la salle « non conformiste » lors de l’exposition du Manège en 1962 confirmera le caractère marginal et la censure imposée à ces artistes bannies de l’URSS.

Anti-catéchèse soviétique

Seconde époque, seconde problématique. Quand les oeuvres des artistes américains comme Robert Rochenberg et Andy Warhol sont saturées par les publicités d’une Amérique toujours plus libérale, les Russes sont confrontés à la propagande soviétique. En 1972, le duo Komar et Melamid tourne donc en dérision les codes et stéréotypes du gouvernement. Une initiative qui les poussera à immigrer dés la fin des années 1970.
Dans les mêmes temps, ce sont les conceptualistes moscovites qui sévissent. Armés de leur humour et d’un sens de l’ironie implacable ils donnent une dimension existentielle à un quotidien toujours plus absurde. La poésie de leur art, parfois visuel d’autres fois performatif aère la lourdeur de leur époque.

Liberté chérie

Enfin, c’est quelques années avant la chute du mur de Berlin, dans les années 1980, que les artistes de la Perestroïka sont motivés par une liberté nouvelle. L’ouverture des marchés, même frêle, inaugure par corrélation celui de l’art. Moscou voit alors naitre des squats aux airs de Cabaret Voltaire, Leningrad suit et la création artistique se développe dans une veine rock. Les artistes le sentent: la société est au bord de l’implosion, de la libération.

En somme, ce sont donc 40 années d’histoire de l’art contemporain soviétique qui vous sont offerts au Centre Pompidou. Une exposition intelligente, qui rend intelligible une époque terriblement complexe qui fait bon de découvrir.

Visuel: DR.

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