Arts
Gallen-Kallela : nature sauvage et folklore finlandais

Gallen-Kallela : nature sauvage et folklore finlandais

25 mars 2022 | PAR Iseult Cahen Patron

Jusqu’au 25 juillet 2022, le musée Jacquemart-André présente l’exposition « Gallen-Kallela. Mythes et nature ». Place aux paysages de Finlande et aux légendes ancestrales…

Gallen-Kallela au musée Jacquemart-André, Edelfelt au Petit Palais, « Un été nordique » au château de Maisons-Laffitte… Vous l’aurez remarqué les artistes nordiques ont la cote ce printemps ! En 2012, le peintre finlandais Akseli Gallen-Kallela (1865-1931) avait fait l’objet d’une rétrospective au musée d’Orsay. Dix ans plus tard, il est à nouveau mis à l’honneur à Paris. L’écrin choisit pour recevoir et sublimer cette nouvelle exposition qui explore la thématique du paysage dans la production de l’artiste n’est autre que le musée Jacquemart-André ! Le commissariat a été assuré par l’historienne de l’art spécialiste de la peinture finlandaise Laura Gutman et le conservateur Pierre Curie.

Imaginée et programmée bien avant la pandémie, « Gallen-Kallela. Mythes et nature » tombe à pic et vient combler nos envies d’évasion, mises à mal ces deux dernières années. Le parcours se déploie sur 8 salles et met à l’honneur des œuvres issues de collections publiques et privées. L’exposition ausculte les différentes tendances de Gallen-Kallela, cet artiste profondément ancré dans sa terre natale riche en paysages sublimes et méditatifs.

L’art total en pleine nature

Entre 1894 et 1895, Akseli Gallen-Kallela fait construire sa maison-atelier au cœur du paysage boisé de la région de Carélie, au nord d’Helsinki. À l’image de sa pratique protéiforme, elle est conçue dans une perspective d’œuvre d’art totale. Pendant un temps, cette maison sera son havre d’autarcie. Il y peint, tel Monet à Giverny, les variations de la lumière aux alentours de ce foyer, mais aussi sa femme, Mary, tissant en extérieur.

Le peintre étudie plusieurs fois en France. Il y retient la leçon des naturalistes. Néanmoins, il fait sienne cette tendance en insufflant un caractère purement finnois à ses créations. Régulièrement représentées pieds nus, ses figures témoignent d’un puissant enracinement, une osmose avec leur environnement (Jeune fille dans le vent, 1893) et parfois une certaine dureté de l’existence (Souffrance muette, 1889). Les détails deviennent l’essence de ces toiles comme en témoignent ces séries de peintures représentant les hypnotiques lacs finlandais. Ils s’y reflètent les nuages bas et se dessinent les stries du dégel. Son intérêt pour la botanique se devine à l’omniprésence de motifs floraux notamment celui de la fleur coupée, symbole de la perte de sa très jeune fille Marjatta. Habitée ? La nature paisible de Gallen-Kallela ne cesse jamais de l’être !

Le Kalevala comme source d’inspiration

Évoluant du naturalisme à l’expressionnisme en passant par le symbolisme, Gallen-Kallela ne se fixe pas dans un courant unique. Il est influencé par l’ésotérisme et la lecture d’Astronomie Populaire (1880) de Camille Flammarion. Ainsi, il se détache de la représentation purement réaliste de la nature produisant ainsi des œuvres originales, cosmiques et inattendues telles que La Rivière des morts (1893), Ad Astra (1907) ou Le visage de Dieu

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une publication partagée par Musée Jacquemart-André (@jacquemartandre)

D’autre part, la mythologie finlandaise forme un vivier fécond pour le peintre. Quelques-unes de ses peintures illustrent les légendes populaires du Kalevala, épopée regroupée en chants. Cette emphase dans les mythes nordiques et le symbolisme cosmique dont Gallen-Kallela imprègne ces créations est une manière pour l’artiste de retranscrire un message mystique. La visite de l’exposition peut se compléter volontiers des créations sonores de la même époque. Pour accompagner la contemplation du Triptyque d’Aïno (1891), nous ne pouvons que vous inviter à écouter Suite Lemminkaïnen de Jean Sibelius (ami proche de Gallen-Kallela!), un ensemble de 4 pièces symphoniques puisant leur inspiration du Kalevala… De l’art des yeux aux oreilles… de l’art total, on vous a dit ! 

 

Visuels : 

  • Akseli Gallen-Kallela, Ad Astra (détail), 1907, huile sur toile, cadre avec volets en bois doré, 78,5 x 85 cm, Villa Gyllenberg, Fondation Signe et Ane Gyllenberg, Helsinki © Matias Uusikylä
  • Le Lac Keitele, 1905, huile sur toile, 53 x 66 cm, The National Gallery, Londres ©The National Gallery, London 2021
  • Mary tissant à Kalela, 1896, huile sur toile, 66 x 54 cm, collection particulière ©The Gallen-Kallela museum / Jukka Paavola
  • La Tanière du lynx, 1906, huile sur toile, 98 x 67 cm, collection particulière ©The Gallen-Kallela museum / Jukka Paavola
Iris Knobloch prendra la direction du Festival de Cannes à partir du mois de juillet
Un palmarès exceptionnel au 44ème Festival du Film de Femmes de Créteil
Iseult Cahen Patron

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture