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« Futures of Love », le 2:0 mortel des Magasins Généraux

« Futures of Love », le 2:0 mortel des Magasins Généraux

16 juillet 2019 | PAR Yaël Hirsch

Après Par amour du jeu qui résonnait l’an dernier avec la coupe du monde de football, les Magasins Généraux proposent cette année une réflexion universelle sur le devenir de l’amour. Alors que le Festival du même nom s’est terminé « Futures of love » l’exposition perdure en entrée libre jusqu’au 20 octobre.

C’est un véritable baptistère et selon 8 directions que l’on entre dans les chemins dystopiques de l’amour futur.

Princeps, le Computed love joue avec des cœurs de lapins chez Natalia Alfutova. Neil Belufa propose un film de bivouac d’adolescents amoureux déchiffré avec froideur par des scientifiques (Désire for Data). Les huiles « Chat random » de Celia Hempton éclatent froidement la rencontre. On reste encore dans le Virtuel de l’amour en second thème avec le pastiche de cam-girls avenantes de Marilou Poncin, les rencontres 3D de Yanmeng Zhang et les esquisses de skype-sex de Camille Henrot. Avec la VR de Ed Fornieles l’on s’allonge pour se découvrir un autre corps. Le troisième chapitre ouvre la porte du narcissisme (Self-love) : Ben Elliot met en scène un stalker et les jardiniers en plexiglass de Jimmy Beauquesne nous éblouissent. Step 4 : le robot. Les 5 vidéos du !Mediengruppe Bitnik invitent à rencontrer des femmes masquée. Kevin Blindermann nous « chauffe » littéralement avec des parapluies tandis que Hugo Servanin nous propose un condensé d’images érotiques par une intelligence artificielle et que deux têtes coupées de Ed Atkins se font face pour parler de sexe et d’amour. Enfin, la poupée photographiée de Laurie Simons nous glace.

Cinquième étape : la chimie. Après avoir avalé du Viagra Pamela Rosenkranz étale à la main de l’acrylique et Pierre Pauze offre un film d’explication sur la chimie de l’amour. En 6e position se glissent les fluides avec l’animation du hongkongais Wong Ping, les sculptures SM de Anna Uddenberg, les clichés olé olé de Pierre Molinier. Au stade 7, l’on revient à la nature avec les pistils de Araki, les parades de méduses de Jeanne Briand, le désir escargot de Cindy Coûtant. Et c’est seulement au 8e cercle qu’on touche un amour infini assez classique avec les couples de Corentin Grossmann, le langoureux baisers de Ange Leccia, les impressions pastels de Tal Regev et le slowset filmé de Nick & Chloe. Les photogrammes de SMITH terminent cette exposition par une note très fantomatique.

L’amour futur est-il éternel parce qu’on en a fait un fantôme avec le virtuel? Nous ne sommes pas loin de le ressentir malgré le rose qui s’étale sur les écrans et remonte parfois aux joues. De belles pièces pour un propos plus énigmatique que fantôme et qui ne rassemblera peut être pas autant de foules que le futur du sport … A méditer.

Visuels : photos de l’exposition (c) YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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