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François Ier versant nord au Louvre

François Ier versant nord au Louvre

28 octobre 2017 | PAR Gilles Charlassier

Si les relations que François Ier entretenait avec la Renaissance Italienne sont très bien renseignées, celles avec les traditions artistiques du monde flamand, autre important pôle de création en ce début du seizième siècle le sont nettement moins. C’est cette relative lacune que l’exposition François Ier et l’art des Pays-Bas présentée par le Louvre cet automne entend corriger.

[Rating=3.5]

Croisant l’histoire de l’art avec celle des nations, l’accrochage proposé par Cécile Scailliérez, conservateur au département des Peintures au musée du Louvre, invite à une plongée dans les rapports du Roi de France avec les Flandres, dont l’influence allait alors jusqu’aux confins du Lyonnais – une bonne partie de l’est de notre pays n’était pas encore sous l’administration de Paris. Comme toujours avec François Ier, l’art et la politique sont souvent intimement liés.
Didactique sans excès, le parcours s’ouvre un panorama de la présence de la tradition flamande dans le nord de la France, mettant en valeur certains trésors assez méconnus, conservés hors de la capitale, à l’instar des tableaux de celui qui est nommé, par convention, le maître d’Amiens – la signature nominative par les artistes n’est pas encore la règle. On ne peut qu’admirer la composition très théâtrale de la Mort de la Vierge, et plus encore le polychrome du retable de la Balance, conservé dans la préfecture de la Somme, où l’on peut deviner, dans cette spiritualité dramatisée, un avant-goût du Greco.

L’école d’Anvers et son maniérisme sont représentés au travers de pièces de Jan de Beer ou encore Patinir, reconnaissable à son travail des arrières-plans. Une sélection d’enluminures font découvrir le Cárcel del amor, roman de Diego de San Pedro à la mode à la cour de France vers 1525. Quant à Noël Bellemare, artiste anversois qui a travaillé à Paris, l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, à deux pas du Louvre, témoigne de son art du vitrail.

S’appuyant sur le solide fonds du premier musée de France, la section consacrée à Jean Clouet, et à sa famille, rappelle que le portraitiste officiel de François Ier, était né hors des frontières du pays. Si l’on ne saurait manquer sans doute le plus célèbre tableau de l’exposition, représentant le souverain, on goûtera aussi ses miniatures, vecteur diplomatique dans les échanges avec Henry VIII d’Angleterre, qui font le lien avec celles de Corneille de Lyon, genre où cet artiste a gagné ses galons auprès de ses contemporains et de la postérité. François Ier a fait venir d’autres artistes flamands, tels Joos van Cleve, et fit tisser des tapisseries richement ornées d’après Bosch, dont ne subsiste que le Jardin des délices – resté à Madrid… sans doute assigné à demeure comme son célèbre original pictural.

L’exposition se referme sur les ramifications flamandes en Champagne et en Bourgogne, avec un éclairage sur les oeuvres de Grégoire Guérard, et celles du Maître de Dinteville, fruits d’un mécénat éclairés de deux ambassadeurs de la couronne de France, et révèle un patrimoine intéressant jusque dans de modestes villes. Enfin, dans un aperçu du chantier du château de Fontainebleau, une série de scènes mythologiques au trait parfois trempé d’humour guide le visiteur vers la sortie, et l’autre exposition, réalisée avec le concours de la Bibliothèque nationale de France, justement consacrée au dessin et aux carnets d’esquisses au dix-neuvième, invitant au coeur du laboratoire des peintres, entre le travail de plein air et l’atelier. On retiendra entre autres le journal de Daubigny, les esquisses parfois schématiques de Corot, ou les aquarelles et annotations de Delacroix.

François Ier et l’art des Pays-Bas, jusqu’au 15 janvier 2018, et Dessiner en plein air, jusqu’au 29 janvier.

visuels: Jean Clouet, Portrait équestre de François Ier © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado et Jean Clouet, François Ier, roi de France, département des peintures, musée du Louvre © RMN – Grand Palais (Musée du Louvre) / Michel Urtado.

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Gilles Charlassier

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