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« François Ier, pouvoir et image à la BNF » : un anniversaire royal

« François Ier, pouvoir et image à la BNF » : un anniversaire royal

05 mai 2015 | PAR Thibault Montbazet

Avec l’exposition « François Ier, pouvoir et image », la BNF fait découvrir la variété des visages d’un roi à la Renaissance, à l’occasion du 500ème anniversaire de son règne.


Après une exposition sur Auguste au Grand Palais l’an passé, ou encore aujourd’hui sur les Tudors, on n’en finit pas de revenir sur l’imbrication entre le pouvoir et la construction des images. La BNF s’attaque à présent à une grande figure de l’histoire de France, dont la mémoire collective met surtout en avant les qualités de mécène, de chef de guerre ou de coureur de jupons. L’exposition, bien faite, nous offre un parcours riche qui retrace au contraire la variété des images construites ou associées à François Ier avant et durant son règne.

Son enfance, d’abord, marquée par la destinée royale annoncée et construite par sa mère et son entourage, alors qu’il n’était pas voué à régner : l’image du jeune prince éduqué circule alors dans quelques manuscrits de livres de piété, déjà associé à la salamandre qui sera l’emblème fameuse de son règne.

Viennent ensuite la diplomatie et la guerre, dans le cadre d’un premier XVIème siècle marqué par la lutte contre Charles Quint et les guerres d’Italie, et la construction de l’image d’un roi-chevalier : le témoin d’une époque encore très imprégnée de l’imaginaire médiéval. Protecteur des lettres et de l’humanisme, le roi est aussi présent dans les livres, en particulier sur les reliures, où s’affiche une iconographie complexe associant le F., les lys et la salamandre.

La représentation du souverain, dans les fameux portraits royaux de Clouet, Titien ou Van Cleeve, connaît aussi une certaine évolution bien que, l’exposition nous le rappelle, sans rupture : au-delà de l’image classique du roi en son conseil, pointe, timidement, la réalité nouvelle d’un souverain gouvernant seul, en majesté.

L’exposition a le grand mérite de rappeler le public restreint de toutes ces images, évitant de céder à la vision, anachronique mais fréquente, d’un pouvoir guidé par la propagande et la communication de masse. Cela dit, avec François Ier, les effigies monétaires et les actes officiels commencent, progressivement, à rendre plus présente l’image royale dans la société.

Du 24 mars au 21 juin 2015, à la Bibliothèque Nationale de France.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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