Expos

Fictions in the space between de Robert Cottingham à la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

Fictions in the space between de Robert Cottingham à la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

17 décembre 2019 | PAR Christophe Dard

Il vous reste quelques jours pour découvrir les œuvres de l’un des plus célèbres artistes américains, connu pour ses représentations d’enseignes lumineuses qui ont marqué sa jeunesse mais aussi pour ses aquarelles et ses dessins, une production injustement ignorée mais qui révèle l’intériorité du plus sensible des paysagistes urbains.

 

Loans, 2014, huile sur toile, 152,4 x 152,4 x 5,1 cm

 

Les enseignes commerciales au design souvent original et qui ont dans les veines des néons de lumière comme des étoiles artificielles au ciel des nuits vagabondes sont ses sujets de prédilectionRobert Cottingham est natif de New-York où il a vu le jour en 1935 et il a été directeur d’agence publicitaire dans cette même ville puis à Los Angeles, autant de bonnes raisons de lever les yeux en direction de ces panneaux qui dressent en toutes lettres des noms de magasins, de stations-service, de cinémas, de théâtres ou de motels dont on imagine la présence, dans la pénombre de la solitude, d’une silhouette à la Hopper, un peintre que Cottingham a découvert lors d’une exposition à 12 ans et qui influencera sa carrière.

 

Vue de l’exposition

 

A partir de photographies prises ou trouvées dans des journaux et des magazines, Cottingham, qui se consacre exclusivement à l’art la trentaine passée, peint des façades de bâtiments, des chapiteaux de films et des devantures de magasins. Mais d’autres motifs sont chers à Cottingham : les villas hollywoodiennes, les trains qui avalent des kilomètres dans d’épaisses nuages de vapeur et les opiniâtres ancêtres de nos ordinateurs et de nos téléphones portables, les machines à écrire et les appareils photo. L’un des plus fameux représentants du mouvement photoréaliste représente aussi des bouteilles de parfum et des pièces de machines industrielles.

 

Spanish house with Turret, 1968-1969, mine de plomb sur papier Vellum, 35,2 x 43,2 cm

 

Jusqu’au 21 décembre 2019, la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois propose, sur ses deux espaces, au 33 et au 36 rue de Seine, une rétrospective d’huiles sur toile réalisées par Robert Cottingham ces trente dernières années, leurs études préparatoires et des dessins à la mine de plomb sur papier. Bien que considéré comme un hyperréaliste, du nom de ce courant né aux Etats-Unis au début des années 1970, Cottingham, âgé aujourd’hui de 84 ans mais qui continue à travailler, n’aime pas ce terme. Ses créations sont certes fidèles aux photographies qui lui servent de modèles mais il s’accorde des libertés, recadre, colorise et retouche afin de concevoir des œuvres uniques.

 

Vue de l’exposition

 

Robert Cottingham dresse les contours de l’American way of life des années 30, 40 et 50, celle de sa jeunesse, décennies durant lesquelles la consommation de masse passe en force, où les téléviseurs et les réfrigérateurs s’imposent dans les foyers et où l’industrie du cinéma règne en maître sur les écrans. Les panneaux lumineux sont semblables à des stèles suspendues, repères d’une vie trépidante qui emprunte les longues avenues de ces villes américaines aux vitrines prospères.                                                                                                                                                    

Aujourd’hui, la crise économique et le chômage qui a touché en particulier le Nord-Est du pays a entraîné la fermeture de nombreux magasins et de lieux de divertissement mais au plafond des devantures vides et abandonnées, les enseignes semblent résister et même si bon nombre d’entre elles n’ont plus droit aux éclats de la lumière, elles brillent encore du souvenir d’une époque consumériste à outrance mais à l’arrogante insouciance. Tel un enlumineur du Moyen-Age, avec patience et précision, Cottingham peint et dessine les lettrines des enseignes pour orner les souvenirs d’une Amérique qui refuse de s’éteindre.

 

Andre’s Olivetti, 2008, gouache sur papier, 58,3 x 50,5 com

 

Christophe Dard

INFORMATIONS PRATIQUES :
Robert Cottingham Fictions in the space between
Jusqu’au 21 décembre 2019
Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois
33-36 rue de Seine 75006 Paris
www.galerie-vallois.com
01 46 34 61 07

Symon : « Mes parents ne m’ont pas du tout poussé à entamer une carrière d’artiste » (Interview)
Mont-de-Marsan: aller respirer en France délicieusement profonde
Christophe Dard
Diplômé d'un Master d'histoire contemporaine et d'une école de radio, Christophe est journaliste, passé notamment par Europe 1. Il travaille depuis 2013 pour Toute la Culture. Compte Instagram : https://www.instagram.com/christophe_dard/?hl=fr

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *