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Au Bozar de Bruxelles, Fernand Léger exposé sous tous les thèmes

Au Bozar de Bruxelles, Fernand Léger exposé sous tous les thèmes

05 mai 2018 | PAR Yaël Hirsch

En flamand « Le beau est partout » se dit « Schoonheit alom » et c’est un beau titre pour une rétrospective Fernand Léger. Une exposition du Bozar de Bruxelles consacrée au peintre français, riche de beaucoup d’oeuvres prêtées par le Centre Pompidou et une approche thématique exhaustive rythmée par des grands paravents en plexiglas jaune.

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Tout commence avec sa voix et un entretien radiophonique où le peintre revient sur sa trajectoire et un autoportrait de 1904. Il y a les émouvants dessins de la Première Guerre. Puis arrivent les images diffractées des années 1910 et les constructions mécaniques des années 1920. Ensuite, c’est l’inspiration urbaine et littéraire qui est mise en exergue avec les illustrations de Cendrars , notamment un livre illustré de Paris s’intitulant sobrement The City 1953. Puis c’est le cinéma, notamment à travers son fameux film Ballet mécanique (1924) mais aussi avec la passion Chaplin (Un Charlot cubiste de 1924 joueur sorti des Collections de Pompidou) et le travail avec Gance et Lherbier.

Quelques natures mortes et puis l’on entre dans le monde monumental du cirque et de la danse. Avec un mélange de créations de costumes, des planches pour l’album Cirque publié chez Teriade en 1950 et de grandes fresques comme la mythique Composition aux deux perroquets de la fin des années 1930, Les grands plongeurs noirs (1944) où Les Acrobates (1942).

La salle suivante nous rappelle in extremis que Fernand Léger a été assistant photographe en arrivant à Paris en 1920 et interroge son rapport à cette forme d’art, notamment en confrontant ses dessins de silex dès l’année 1939 à des photos de Charlotte Perriand.

Arrive ensuite l’architecture comme « nouveau royaume pour le peintre”. Les vitraux du Sacré-Cœur d’Audincourt (1960) côtoient étrangement le cadre des Deux Femmes debout (1922), tandis que la sculpture en plâtre de la Fleur Polychrome (1952) triomphe. On finit sur l’engagement politique communiste, thème fort et qui raisonne avec Les Constructeurs, La Partie de campagne et le symbole des congés payés dans Les Loisirs. Résolument thématique, donc cette exposition fleuve sur Fernand Léger est très riche. Elle permet l’immersion mais peut être pas tout à fait de replacer la puissance de Léger au cœur de son époque.

Visuel : affiche de l’exposition

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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