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Fabienne Grasser-Fulchéri : « La géométrie et l’abstraction sont souvent liées aux cultures de l’Invisible »

Fabienne Grasser-Fulchéri : « La géométrie et l’abstraction sont souvent liées aux cultures de l’Invisible »

20 septembre 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Fabienne Grasser-Fulchéri est directrice de l’EAC où est présenté du 27 septembre au 3 janvier l’exposition Géométries de l’invisible, elle nous parle des conséquences de la Covid sur son institution et de son actualité.

Quelles ont été les conséquences de la crise sur votre programmation ?

Nous avons dû complètement bousculer notre programmation. 2020 est l’année des 30 ans de notre centre d’art et de nombreux événements devaient jalonner cet anniversaire. Après avoir échafaudé de nombreux scénarios nous avons fini par opter pour un report à l’an prochain. L’eac. fêtera donc en avril 2021 ses 30 + 1 ans avec l’exposition « Revenir vers le futur », un dialogue entre la collection Lambert et le fonds Albers-Honegger qui constituent toutes deux de grandes donations faites à l’État, et sont inscrites sur l’inventaire du Centre national des arts plastiques. Également programmée à cette date : « Espace libéré », une exposition qui retrace l’histoire de l’Espace de l’Art Concret et rend hommage à Sybil Albers, fondatrice du lieu avec Gottfried Honegger, récemment disparue.

Comment se passe le retour du public ?

Nous avons rouvert le 3 juin et les deux premières semaines ont été calmes. Nous avons constaté une reprise progressive en juillet et depuis la moitié du mois nous remarquons l’arrivée d’un public plus touristique. Les ateliers de pratiques artistiques (photographie, céramique, danse autour d’une œuvre…) que nous avons programmés cet été rencontrent un vif succès et nous avons dû malheureusement refuser du monde. Nous avons bien évidemment dû nous adapter aux contraintes sanitaires pour assurer la sécurité des visiteurs et de notre équipe, mais cela est bien compris du public.

La géométrie et l’abstraction : s’agit-il d’un pas de deux constitutif de l’art contemporain ?

La géométrie et l’abstraction sont souvent liées aux cultures de l’Invisible depuis l’apparition des premiers tracés géométriques dans les grottes ornées de la préhistoire, jusqu’aux œuvres les plus contemporaines qui se ressourcent dans des formes d’épure abstraite. L’exposition Géométries de l’Invisible, qui sera inaugurée le 27 septembre prochain et dont le commissariat est assuré conjointement par Pascal Pique et moi-même, révèle et explore ce continuum transhistorique. Elle dévoile, ainsi, une vision inédite du processus créatif en offrant une autre grille de lecture que celle utilisée par l’histoire de l’art classique.

D’où viennent les œuvres et comment s’articulent-elles dans le parcours ?

Pour cette exposition, nous avons des prêts de multiples origines : des institutions comme le musée Gassendi à Digne, ou le CAPC à Bordeaux par exemple mais aussi des prêts provenant de collections privées, de galeries ou des artistes eux-mêmes. Certaines créations seront produites spécialement pour le lieu comme l’installation que Sandra Lorenzi réalisera dans l’escalier de l’une des tours du château de l’eac., ou encore celle d’Isabelle Perù qui se découvrira, en fin de parcours, dans un espace baigné dans l’obscurité.

L’EAC fête ses 30 ans, c’est à la fois très jeune et déjà adulte. Est-ce que cet événement sera fêté ? Si oui, comment ?

Comme évoqué au début de notre entretien, nous fêterons véritablement cet anniversaire l’an prochain pour permettre aux nombreuses personnalités qui ont participé à l’aventure de ce lieu de pouvoir nous rejoindre sereinement. Nous espérons que le contexte sanitaire rendra enfin possible les invitations que nous avions lancées à plusieurs artistes étrangers comme Ernst Caramelle ou Roman Signer qui devaient produire des œuvres in-situ.

Nous présenterons également de grandes expositions monographiques consacrées à des figures majeures de l’art abstrait comme Vera Molnar ou Camille Graeser. Les artistes seront au cœur de notre programmation, les plasticiens bien entendu mais aussi les danseurs, musiciens, auteurs avec qui nous travaillons au quotidien.

Vous avez raison : 30 ans c’est à la fois jeune pour une institution mais pour un centre d’art c’est déjà un bel âge ! Nous sommes d’ailleurs particulièrement heureux d’avoir été distingué cette année par le Ministère de la culture qui a décerné à l’eac. le label de centre d’art contemporain d’intérêt national.

Informations pratiques

eac. Espace de l’Art Concret -Centre d’art contemporain •d’intérêt national-Donation Albers-Honegger Château de Mouans 06370 Mouans-Sartoux +33 (0)4 93 75 71 50.   espacedelartconcret.fr

   

Visuel :

Irina Quinterne, La Reine du Ciel, 2020 Courtesy Galerie Pascal Gabert, Paris © Irina Quinterne

( Article partenaire)

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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