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[Expo] Sebastião Salgado magnifie la nature avec « Genesis »

[Expo] Sebastião Salgado magnifie la nature avec « Genesis »

25 septembre 2013 | PAR Hugo Saadi

[rating=5]

Sebastião Salgado investit la Maison Européenne de la photographie (MEP) dès aujourd’hui pour présenter son nouveau projet « Genesis ». Une exposition composée de plus de 245 photos de l’artiste brésilien qui permet de faire voyager le spectateur en lui procurant une bonne dose de sensations.

Avec « Genesis », Sebastião Salgado souhaite rendre hommage à la planète Terre en la présentant dans son état naturel. Il est toujours dans la continuité de deux précédents travaux : « La main de l’homme » (1993) sur les modes de vie en cours de disparition des travailleurs manuels dans le monde et « Exodes » (2000) qui présentait les migrations provoquées par la faim, les désastres naturels ou encore la pression démographique. Il a souhaité retourner à ses origines, lui qui a été élevé dans une ferme au Brésil, et exprimer son amour pour la nature. « Genesis » recoupe les 32 voyages effectués en un peu plus de 7 ans (2004 – 2011) et livre une véritable ode à la nature, où la planète vit encore au temps de la Genèse.

Effectivement, « le plus grand photojournaliste au monde » (selon le Sunday Times) illumine les multiples salles de la MEP par ses photos en noir et blanc. Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont su échapper au monde contemporain. Avec sa construction en 5 chapitres, « Genesis » nous immerge dans un monde où l’humain que nous sommes, est perdu, submergé par une beauté naturelle qui éveille nos sens et nous laisse sans voix.

Cette immersion commence dès le premier chapitre avec « Amazonie et Pantanal ». Cette plongée au coeur même de l’Amérique du Sud est palpitante, des caïmans du Pantanal aux jaguars de Porto Jofre en passant par les loutres géantes, le spectateur est au plus près de la nature. A l’instar d’un safari, on côtoie la vie à l’état pur à travers des photographies multipliant les angles de prises de vue. Puis, comme pour chaque chapitre, les photographies de cet espace naturel foisonnent. Les grands espaces de la rivière du Rio Negro, de la foret Amazonienne ou de la chaine montagneuse de la Serra do Imeri, prédominent ici et impressionnent par leur pureté. Enfin, un détour chez les tribus locales est nécessaire pour assimiler complètement cet environnement. On découvre alors la tribu indienne des Zo’é, isolée au nord de l’Amazonie dans l’état de Para au nord du Brésil, qui accorde une grande importance à la propreté corporelle, représentée par de nombreuses scènes de baignades.

On ne finit pas d’être émerveillé et subjugué par la faculté de Salgado à subtiliser des moments magiques aux confins de la planète Terre. Les quatre chapitres suivants seront du même acabit que le premier en suivant toujours le même schéma : une glorification de la nature à travers des paysages à couper le souffle, les conditions de vie des peuples indigènes et enfin les animaux dans leur splendeur. On pourrait donc mentionner pour le Chapitre « Aux confins du Sud » les 750 000 couples de manchots à jugulaire sur l’île Zavodovski (Îles Sandwich) ou les jeunes éléphants de mer dans la baie de Saint-Andrews en Géorgie du Sud qui regardent l’objectif et nous émeuvent. En ce qui concerne le chapitre « Sanctuaires », comment ne pas rester insensible face aux photos des tribus de l’Irian Jaya en Indonésie tels que les Korowai qui passent leurs journées en forêt afin de trouver les moyens de leur subsistance. L’avant dernier chapitre présente l’Afrique et ses espaces vides d’hommes ou presque où les animaux sont les seuls habitants : dunes de sables en Algérie, désert du Kalahari au Botswana sans oublier tout de même, le peuple San (au Botswana) ou les Dinkas (Soudan du Sud). Enfin dans le dernier chapitre, les « Terres du Nord », le bœuf musclé, le morse ou même l’ours du Kamtchatka sillonnent les étendues glacées de l’Alaska et de la Russie et partagent leur quotidien avec les Nénètses, un peuple indigène d’environ 42 000 ressortissants vivant dans le nord de la Sibérie, on est admiratif devant cette vie de nomade.

Conçue comme « une lettre d’amour à la planète », cette exposition est une bouffée d’oxygène qui vous fera voyager pendant plus de deux heures. « Genesis » est donc une vraie réussite, un sublime portrait des aspects encore intacts de la nature et de l’humanité, à ne surtout pas rater !

 

visuels : (c) Sebastião Salgado

Infos pratiques

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Musée d’Art Moderne – Paris
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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