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Entrare nell’opera : à la découverte de l’Arte Povera

Entrare nell’opera : à la découverte de l’Arte Povera

29 novembre 2019 | PAR Jeremie Laurent

Du 30 novembre au 3 mai 2020, le musée des arts contemporains de Saint-Etienne accueille sa nouvelle exposition : Entrare nell’opera, actions et processus dans l’Arte Povera

En entrant dans l’exposition, 14 portraits nous font face : Ce sont les photos qui représentent les protagonistes de l’exposition. Chacun des clichés montrent l’artiste intégré à sa propre mise en scène, révélant d’emblée le rôle clé de ce dernier dans l’action artistique elle-même.

Si le musée d’art contemporain de Saint-Etienne dédie cette année une exposition à l’Arte Povera, ce n’est pas un hasard. Le musée possède, en effet, dans sa collection personnelle une quinzaine d’oeuvres qui se rapportent à ce courant. En 2008, une précédente exposition qui s’intitulait Made in Italy, parlait, d’ailleurs, déjà de cet art si particulier.
Sur plus de 1000 m2 d’exposition, 300 documents d’archives sont exposés dont la majeure partie est inédite. Entrare nell’opera se compose de quatre sections : Une première sur le théâtre, dont le terme d’ « Arte povera » a été emprunté au metteur en scène Jerzy Grotowski, une seconde sur le temps et le lieu, une troisième sur les actions et enfin une dernière qui nous invite à entrer dans l’oeuvre.

L’ Arte povera, apparu en Italie dans les années 1960-1970, est un art qui évolue dans le temps, qui renouvelle le langage artistique par l’usage de nouveaux matériaux. Il ne se limite pas à une forme d’art et s’apparente aussi bien à la vidéo, qu’à la peinture ou même à la sculpture. La naissance de ce mouvement a été déterminée par une exposition de Germano Galant en 1968, en Italie, qui s’intitulait «  Arte Povera + Azioni Povere ». Cette dernière avait pour objectif de présenter des artistes qui s’opposaient à toute forme de contemplation pour privilégier des gestes éphémères.
Les créateurs de l’Arte Povera s’intéressent dans leurs travaux à une mise à mal de l’art, une désacralisation. Ainsi Alighiero Boetti, avec sa Lampada annuale, représente une ampoule qui ne s’allume qu’une seconde par an afin de traduire toute la frustration, l’attente mais aussi la déception qu’il peut y avoir face à une oeuvre.

Dans la première section, si une partie est dédiée au bar Piper Pluriclub, haut lieu d’exposition d’Arte Povera à Turin, il est possible également d’y trouver le Teatrino en papier mâché de Pino Pascali ou l’Apoteosi di Omero de Giulio Paolini. Celle-ci se compose de plusieurs chevalets qui incarnent tous un personnage célèbre de l’histoire. A coté de chacune de ces photos, une page est laissée vierge afin d’inviter le visiteur à laisser libre cours à son imagination.
La galerie télévisuelle est, quant à elle, dédiée aux oeuvres de Gerry Schum. Ce dernier, insatisfait des programmes télévisés qui étaient diffusés à son époque, pris la décision de créer des programmes uniques. Certains furent diffusés sur des chaines nationales, sans véritablement créer d’engouement chez le public.

Aussi, cette exposition veut montrer en quoi l’être vivant peut être objet d’art. Chevaux de Jannis Kounellis est une photographie de 12 chevaux exposé dans un espace qui tente de montrer qu’une oeuvre peut échapper au contrôle de l’artiste. Mais c’est aussi un art de la construction et de la reconstruction, comme peut le faire Giueseppe Penone avec sa planche en bois, de cinq mètres de long, qu’il a sculpté de sorte qu’il dévoile l’arbre qu’il était initialement.

L’aventure se termine sur une salle interactive dans laquelle les visiteurs pourront participer au processus de création de l’oeuvre. Vous pourrez ainsi saisir le marteau d’Eliseo Mattiacci pour frapper une plaque en métal et laisser votre trace.
L’exposition du Mamc+ se constituera aussi de performances en direct où des artistes interagiront avec les oeuvres. Un tableau de Jannis Konnelis, Da inventare sul posto, fera ainsi l’objet d’une représentation musicale et scénique. Un violoniste jouera la partition représentée sur le tableau, pendant que la danseuse bougera sur la musique.

Ce qui fait toute la spécificité de l’Arte Povera repose sur le fait que c’est un art qui a laissé aujourd’hui peu de traces. Se construisant sur des performances, il n’en reste que des accessoires et des photos comme unique preuve. Le musée de Saint-Etienne réussit à remettre au gout du jour cet art qui a marqué toute une génération d’artistes.

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Jeremie Laurent

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