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Emmanuelle Martinat-Dupré  nous parle de l’exposition « Roland Topor »

Emmanuelle Martinat-Dupré nous parle de l’exposition « Roland Topor »

09 septembre 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Emmanuelle Martinat-Dupré est co-commissaire d’exposition. Elle a accepté de répondre à nos questions sur Roland Topor qui se tient au Musée de l’illustration jeunesse  à partir du 21 septembre.

Quelle belle idée de saluer Roland Topor ! Comment l’idée de l’exposer est-elle venue ?

A l’occasion de la 4ème Biennale des illustrateurs, organisée en 2017 par l’association les Malcoiffés, en lien avec le musée de l’illustration jeunesse, Frédéric Pajak, auteur, dessinateur, rédacteur en chef de plusieurs journaux culturels et satiriques, était à Moulins. Il a présenté les Cahiers dessinés, bien sûr, et le travail réalisé avec Alexandre Devaux, et d’autres, pour faire vivre l’oeuvre de Roland Topor, plus de vingt ans après sa mort. Il faut dire que Topor laisse une œuvre étonnante : chansons, films, affiches, dessins, la fameuse série télévisée « Téléchat »…

On connaît essentiellement les dessins de presse de Topor. Quel est l’angle de cette exposition ?

Alexandre Devaux, qui est l’exégète attitré de Roland Topor et qui avait activement préparé l’exposition réalisée en 2017 à la Bibliothèque Nationale de France, est co-commissaire de notre exposition. Il a choisi de souligner l’immensité du talent de dessinateur de Roland Topor. Il a sélectionné un ensemble d’illustrations bibliographiques, des affiches comme celle du film Le Tambour de Volker Schlöndorff (1979) ou encore celle de la campagne pour Amnesty International (1977), qui ont marqué les esprits. Il nous propose aussi de découvrir la complicité créative de Roland Topor avec son fils Nicolas et, bien entendu, il n’oublie pas de nous faire replonger dans l’univers décalé de « Téléchat ».

 Quels seront les matériaux exposés ?

Des dessins, des ouvrages, des films (« La planète sauvage », « l’Art illustré »…), des affiches, grâce à des prêts de collectionneurs privés, des marionnettes, grâce au prêt du musée de Tournai…

Quel est le parcours de l’exposition ?

Le public découvrira le travail d’affichiste de Roland Topor, son inventivité débridée sur la série télévisée à succès Téléchat, les illustrations créées pour des textes de Marcel Aymé, de Boris Vian ou Félix Fénéon, les dessins à quatre mains faits avec son fils Nicolas et le film « La Planète sauvage ».
Quant à l’histoire de l’art revue, revisitée, par Roland Topor, elle ne manquera pas de faire réagir le public de nos visiteurs !

Avez-vous pensé un parcours pour le jeune public ?

Nous aurons, dans le temps que nous exposons ce génie corrosif, une autre exposition, à l’étage du musée de l’illustration jeunesse, consacrée à des imagiers de Katy Couprie et Antonin Louchard : A table, Tout un art, Tout un Louvre et Au jardin ! : un régal sans distinction d’âge !
Ce sera l’occasion pour notre service des publics de concevoir un parcours adapté aux plus petits, avec toujours cette même intention double de donner à voir et de donner à faire. Nous laisserons donc plutôt les visiteurs libres de confier l’œuvre de Topor, sans outils pédagogiques spécifiques, au regard des plus jeunes. Dans le cadre de la Biennale des Illustrateurs, l’exposition présente un ensemble varié d ’ oeuvres de Roland Topor. Des succès immenses, populaires, que sont l ’ émission de télévision Téléchat et le film d’animation La Planète sauvage aux illustrations bibliophiliques des oeuvres de Marcel Aymé, de Boris Vian, de Félix Fénéon ou d’Emmanuel Bove, en passant par des créations réalisées à quatre mains avec son fils enfant, mais aussi à travers une sélection d ’ affiches devenues iconiques – celle et d ’ autres – le public pourra estimer l’immensité du talent de dessinateur de Topor, mais aussi son incroyable créativité, l’originalité des idées et des inventions qui semblent avoir maintenu son oeuvre à un niveau de pertinence rare. Rares sont les jeunes illustrateurs qui ignorent l ’ oeuvre de Topor. Rares sont les enfants qui devraient l’ignorer.

 

 

Informations pratiques

Du 21 septembre au 5 janvier,  au Musée de l’Illustration Jeunesse, 26, rue Voltaire
Moulins, 03000 France
04 70 35 72 58

 

Visuel : ©« Grucio Cat, il Giornalone, » collection Alexandre Devaux. 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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