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Derniers jours : Simon Hantaï à la Fondation Louis Vuitton

Derniers jours : Simon Hantaï à la Fondation Louis Vuitton

16 août 2022 | PAR Yaël Hirsch

Depuis  la grande rétrospective que lui avait dédiée le Centre Pompidou en 2013 (lire notre article), on n’avait plus assez entendu parler de Simon Hantaï. La Fondation Louis Vuitton lui rend hommage à travers une rétrospective qui marque le centenaire, à voir à Paris, jusqu’au 29 août. 

L’hommage de Daniel Buren

Lorsque l’on arrive dans l’espace des expositions temporaires de la Fondation Louis Vuitton, la première chose que l’on voit dans les couloirs et depuis l’escalator qui nous mène au -1, ce sont les fresques d’hommage de Daniel Buren à Simon Hantaï, disparu en 2008 : Mur(s) pour Simon, travaux in situ et en six mouvements. C’est coloré, c’est saisissant et les murs semblent se déplier vers nous, ce qui fait bien écho au thème du pliage, au cœur de cette « exposition du centenaire » qui regroupe 150 œuvres avec le concours des Archives Simon Hantaï et sous le commissariat d’Anne Baldessari. 

L’héritage et la postérité de Simon Hantaï 

Regroupant un nombre d’immense toiles impressionnant, l’exposition commence par une salle époustouflante de grandes œuvres d’inspirations et de contemporains de Simon Hantaï : on y trouve du Matisse, du Pollock… Cela permet de replacer Simon Hantaï au cœur de son siècle et de l’évolution de la peinture. De sa vie, l’on saura peu de chose : l’identité hongroise affirmée par le changement de nom, l’importance de sa femme, à l’origine de l’exposition et la fuite in extremis de Hongrie quand le rideau de fer est tombé. Le reste c’est le maître à l’œuvre, avec notamment quelques vidéos où on le voit plier ses toiles avant de les peindre et les tendre. 

Le pliage à découvrir en série(s)

En se focalisant sur les œuvres des années 1960 et en les développant par séries (les mariales, les meuns, les études, les tabulas…) l’exposition met en relief le lien entre le travail d’Hantaï et le travail du tisserand. L’abstraction reste, puissamment colorée, mais en pensant sans cesse à la technique du pliage, c’est comme si bien des nuances sortaient des formes géométriques répétées au cœur de la matière vivante de la toile. On y découvre ou redécouvre également une puissante architecture sacrée catholique, notamment lorsqu’on traverse la somme des mariales qui rendent hommage à la vierge et les suaires de la fin de sa vie.

Une exposition à découvrir donc à Paris, au cœur du mois d’août. Et, en écho : une seconde exposition à voir en parallèle : « La couleur en fugue ». 

Visuel (c) Simon Hantaï, Tabula, 1980, acrylique sur toile, 297 x 266 cm, collection particulière © Archives Simon Hantaï / Adagp, Paris, 2022 © Fondation Louis Vuitton / David Bordes / Simon Hantaï

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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