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De Calder à Koons, bijoux d’artistes – La collection idéale de Diane Venet

De Calder à Koons, bijoux d’artistes – La collection idéale de Diane Venet

19 mars 2018 | PAR Sophia Le Bon

Qu’est-ce qu’un bijou d’artiste ? Avant tout une œuvre d’art. Il naît de la même démarche créatrice, il en possède la force, la poésie, la provocation et parfois l’humeur. Uniquement sa vocation d’être porté le distingue d’un tableau ou d’une sculpture. Il n’appartient donc ni à l’univers de la haute joaillerie, ni à celui du bijou fantaisie. Il n’est pas non plus associé aux créateurs indépendants du bijou contemporain qui conçoivent autant qu’ils réalisent. A découvrir au MAD (Musée des Arts Décoratifs) du 7 mars au 8 juillet 2018.

La passion de Diane Venet
Peu connu du grand public, nombreux sont les artistes modernes et contemporains à s’être intéressés au bijou. Souvent réalisés en pièce unique ou en petite édition, ils sont le plus couramment pensés pour une personne en particulier. La trace de cette relation entre le créateur et le destinataire de l’œuvre en fait quelque chose de très intime et poétique.

Diane Venet, épouse du sculpteur Bernar Venet, en a fait sa passion. Elle se souvient de l’origine de sa collection : « ma passion pour le bijou d’art est née le jour où Bernar s’est amusé à enrouler autour de mon annulaire gauche une fine baguette d’argent pour en faire une alliance… Ce geste, attendrissant dans sa spontanéité a eu un autre effet sur moi, celui de me faire découvrir l’univers trop peu connu de ces bijoux d’art uniques, précieux pour leur rareté et leur charge symbolique souvent à l’origine de leur création. »

Toute l’histoire de l’art du 20ème siècle exposée
Au MAD, près de 300 bijoux d’artistes sont exposés de façon chronologique et thématique, issues de divers courants artistiques allant du début du 20ème siècle jusqu’à l’ère contemporaine.

Les artistes d’avant-garde ouvrent le parcours avec la représentation du portrait (Picasso, Derrain). Les idées des surréalistes sont évoquées sous le titre « Rêve et fantaisie » avec le masque perforé de Man Ray, les bijoux de Salvador Dali et l’univers onirique de Jean Cocteau (à l’origine de la bague Trinity de Cartier) et de Léonor Fini. L’exposition se poursuit avec une thématique transversale autour des « Métamorphoses de la nature » où l’on découvre à la fois des bijoux inspirés de la nature, mais aussi l’empreinte de la main de Guiseppe Penon sur une feuille d’or, les pendentifs de crucifix en forme d’anneau de Moebius imaginés par Wim Delvoye et les Nanas de Niki de Saint Phalle sous forme de bijoux.

Puis l’art abstrait est illustré avec Fausto Melotti et les surfaces monochromes lacérées de Lucio Fontana, déclinées sur ses bracelets. Le Pop Art, les nouveaux Réalistes, l’art minimaliste et conceptuel et l’art intemporel s’ensuivent.

L’exposition s’achève sur une scène contemporaine anglaise très active, la Young British Artists, à l’instar de Damien Hirst ou des frères Chapman. Elle est aussi internationale avec les bijoux d’Erwin Wurm ou d’Ai Weiwei. La scène française est représentée par Claude Lévêque dont les colliers rappellent étrangement les bracelets de l’Atelier Paulin, et Jean-Luc Moulène.

Une scénographie fourre-tout et confuse
Malgré l’intérêt du sujet et la beauté des pièces exposées, on ne peut que regretter l’aspect fourre-tout et confus de la scénographie, qui tend à perdre le visiteur entre approche chronologique et thématique, entre époques, entre le croquis d’un bijou dans une salle et le bijou réalisé dans une autre. A force de vouloir trop montrer, on n’y voit plus rien.

Daniel Lozakovitch, violoniste suédois de 17 ans, à la Salle Gaveau
El Silencio es un Cuerpo que cae, l’intimité au coeur des souvenirs – Cinelatino
Sophia Le Bon

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