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D Day’s à la Dynamo :  faire de la Haute Couture au prix du Prêt-à-porter

D Day’s à la Dynamo : faire de la Haute Couture au prix du Prêt-à-porter

07 juin 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La Dynamo de Pantin est le lieu où se niche le festival de jazz Banlieues Bleues. Pendant la semaine du design, les D Day’s, elle devient un lieu d’expo où, entre la lumière se déployant des verrières et les cerisiers, six projets d’avenir au présent se déploient.

 

 

« Je veux faire de la haute couture au prix du prêt-à-porter ». Et il le fait déjà. « Il » c’est Emmanuel Barrois, architecte de son état. Le verre de la FRAC Marseille réalisée par Kengo Kuma, c’est lui. Son credo est de faire du beau accessible. Sa spécialité, c’est le verre et son idée c’est de mêler le précieux à l’industriel comme sur un panneau présenté ici, qui est la fusion du vitrail et du métal.
Ses « greffes architecturales » s’inspirent de la génétique et de l’idée que le métissage rend plus fort. Il est la preuve qu’une architecture belle, fabriquée en France et sérielle est réelle.
Cette idée d’un design beau sans être cher on la retrouve au Studio Brichetziegler. Leur mission a été pendant une année de travailler avec les collégiens de 3ème Segpa du collège Jean Moulin de Montreuil. Cette commande du Conseil Général vise à rendre un peu plus sexy les salles de cours des ados. Voici une chaise plus ronde, plus colorée, mais surtout plus fonctionnelle avec porte-manteau intégré sous forme d’ourlet au dossier ou une table signant le retour du casier, mais cette fois discrètement intégré sur le côté pour pouvoir croiser les jambes tranquille. Les lumières abjectes se parent de papiers blancs pour rendre l’affaire moins agressive. Le tout se fait dans les matériaux classiquement utilisés, pas de surcoût ici mais une soudaine envie de ne plus sécher les cours !

Il y a aussi une part ludique assumée

On la trouve chez l’EPFL+ECAL, lab de l’école polytechnique de Lausanne. Eux ont décidé de s’amuser de la réalité en l’augmentant. Vous serez (éphémèrement) tatoué pour devant un écran voir votre motif s’animer, vous parlerez dans un micro qui rendra une batterie active ou vous découvrirez dans un grenier reconstitué des images tranquilles d’une petite famille, ce qu’elles ne laissent pas voir au premier regard.

Mais aussi, une attention portée à l’héritage

A l’entrée de la Dynamo se trouve le stand du Centre International d’Art Verrier qui a vu le jour sur le site de l’ancienne Verrerie de Meisenthal. Lors de la transition, le CIAV a récupéré des moules anciens fort originaux, en liège ou en bois. C’est dans une démarche de modernité que cette institution souhaite se débarrasser de l’image « art de la table » accolé à la verrerie. Ici, vases superbes côtoient des lampes contemporaines.

A l’étage, une autre institution, médiévale cette fois. Il s’agit des Compagnons du devoir. Eux ont travaillé sur les questions de parois, intérieures pour un lobby ou extérieures comme ce haut-vent ingénieux qui devient tonnelle en une seconde.

Et encore, de l’élégance

Le mot semble enrober toute La lumineuse Dynamo. Voici un projet au sous-titre drôle « made in taïwan », si la formule appelle chez vous le cheap, vous allez changer d’avis. Ici, les designers s Patricio Sarmiento (Hand in Hand founder and D.A), Johan Brunel et Samuel Misslen / Atelier [jes], Cécile Rembauville-Nicolle, Heidi Winge Strøm, David des Moutis et Emmanuel Lacoste ont été invités à une résidence de recherche et de création par le National Taiwan Craft Reserach Institute. Dans ce « Hand in Hand« , Ils ont travaillé à l’aide des matériaux traditionnels que l sont le riz, le bambou ou l’indigo. Ici, le design contemporain jaillit dans un dialogue interculturel saisissant. Ce design d’aujourd’hui se fait pour un « Et demain… » écoresponsable où le riz se transforme en chaise et l’indigo se décline en nuances de bleu.

La Dynamo offre ainsi un regard très actuel sur un « et demain » apaisant et accessible. En temps de crise, ces designers nous remontent le moral avec leurs solutions belles et innovantes. Ils s’amusent du « made in France », le réalise dans une volonté d’être efficaces et moins chers. Et en plus, il y a un café sympa dans le hall…

Visuels : (c) ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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