Expos

Cologne, 1938, dans l’objectif d’August Sander au Mémorial de la Shoah

Cologne, 1938, dans l’objectif d’August Sander au Mémorial de la Shoah

12 mars 2018 | PAR Yaël Hirsch

Alors que le père fondateur de la photo documentaire, August Sander (1876-1964) avait pour projet de photographier toute la société allemande dans Hommes du XXe siècle, en 1938, le photographe réprouvé immortalise des juifs de Cologne. Une expo d’entrée libre au Mémorial de la Shoah. 
[rating=3]

Avec une scénographie volontairement minimaliste, grise et des cartels entreposés comme des caissons de bois à même le sol, l’exposition du Mémorial se nourrit de clichés venus de la August Sandler Stiftung et du NS-Dokumentationszentrum de Cologne. Elle présente une famille de photographe, avec notamment Erich, le fils d’August, qui sera membre du Parti socialiste ouvrier d’Allemagne(SAP), arrêté en 1934 et condamné à la prison où il mourra en 1944. Des photos de famille permettent de se familiariser avec l’univers du père fondateur de la photo documentaire, qui a déménagé de Linz et son Autriche natale pour Cologne en 1910 et y a installé son studio.

On le suit ensuite dans son projet pharaonique de pour photographier tous les corps de métier d’Allemagne après la Première Guerre mondiale. August Sander que le massacre de la Grande Guerre a converti au pacifisme a immortalisé aussi bien des paysans endimanchés, qu’un pâtissier, des grossistes, un homme d’affaire, des artistes bohème ou des révolutionnaires. Il y a aussi beaucoup de femmes dans ces « Hommes du XXe siècle ».

Après la publication du premier volume en 1936, Antlitz der Zeit, la suite du projet ne passe pas le crible de la censure nazie. Alors que la photo de Sander est considérée comme « dégénérée », le photographe continue son travail. Dans les dernières salles, l’on trouve côte à côte des portraits de nazis, de prisonniers politiques et de « persécutés ». Ces derniers sont 12 juifs, représentés en 1938 auquel on a pu redonner une biographie qui est explicités sur des grands cartons en formes de croix dans la dernière salle. Une manière de ressusciter tout un monde englouti et immortalisé par l’un des premiers grands photographes européens.

visuels :
August Sander, Manœuvre, 1929, tirage gélatino-argentique, 1990. © Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur – August Sander Archiv, Cologne; VG Bild-Kunst, Bonn; ADAGP, Paris, 2018. Courtesy of Gallery Julian Sander, Cologne and Hauser & Wirth, New York.
August Sander, Persécuté [Benjamin Katz], c. 1938, tirage par contact, 1990-2011. © Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur – August Sander Archiv, Cologne; VG Bild-Kunst, Bonn; ADAGP, Paris, 2018. Courtesy of Gallery Julian Sander, Cologne and Hauser & Wirth, New York.

Infos pratiques

Petite Loge
Mairie du Xe de Paris
Christophe Dard
Diplômé d'un Master d'histoire contemporaine et d'une école de radio, Christophe est journaliste, passé notamment par Europe 1. Il travaille depuis 2013 pour Toute la Culture.Compte Instagram : https://www.instagram.com/christophe_dard/?hl=fr

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *