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« Code is law » l’exposition collective et online du Centre Wallonie-Bruxelles

« Code is law » l’exposition collective et online du Centre Wallonie-Bruxelles

08 janvier 2021 | PAR Yaël Hirsch

Alors que l’exposition « Code is law » devait avoir lieu physiquement au Centre Wallonie-Bruxelles jusqu’au 28 février 2021, les directives sanitaires la font basculer en ligne. Toute La Culture a eu la chance de pouvoir voir les oeuvres en fin d’accrochages et d’être guidée par certains artistes dans cette interrogation collective sur la régulation du cyberspace et de la planète. 

Placé sous le double commissariat de Carine Le Malet et de Jean-Luc Soret, « Code is law » fait référence à une conférence séminale de 2000 par Lawrence Lessig, Professeur de droit à la Harvard Law School et Fondateur du Center for Internet and Society, et qui interroge les ressorts du code. Jacques ANDRÉ, Antoine BERTIN, Laura COLMENARES GUERRA, François DE CONINCK & Damien DE LEPELEIRE, Natalia DE MELLO, Jonathan SCHATZ, Alex VERHAEST, Eric VERNHES, Claire WILLIAMS, sont tous des artistes ou collectifs nés ou en partie formés à Bruxelles et proposent de penser ces potentiel du code et de la manière dont cela ouvre ou ferme nos vies.

A l’entrée et reflétant la lumière de la vitrine du Centre, L’installation Rios montre 2 sculptures (sur 13 prévues) en porcelaine imprimée en 3D de Laura COLMENARES GUERRA recoupent des datas récupérées sur twitter. L’artiste colombienne a récupéré toutes les données nécessaires sur les enjeux socio-environnementaux de l’Amazonie. Ses oeuvres reconstituent en fonction de ces données des maquettes qui montrent l’urgence et le danger du CO2 et de l’exploitation des hydrocarbures dans cette région.

Autre traduction, mais cette fois-ci musicale avec le « Species Counterpoint » d’Antoine BERTIN: un piano mécanique constitué de matières végétales et animales joue de la main droite l’ADN de l’humain transposé pour une partition et de la main gauche de l’ADN de plantes, également transposé. Le son est harmonieux, doux, et le contre-point prouve bien que nous avons encore 60 % d’ADN en commun avec les végétaux. C’est beaux et engage politiquement à réfléchir à cet héritage commun. Une autre oeuvre d’Antoine BERTIN est à voir dans la cour du Centre : l’artiste qui a produit l’oeuvre The edge of the forest pour la radio web NST y donne à voir sous forme de sculpture cinétique et à entendre le bruit de la destruction de la forêt.

Sur un mur blanc, François DE CONINCK & Damien DE LEPELEIRE ont reproduit en aquarelle les recherches suggérées par Google. C’est existentiel, spirituel, drôle, artisanal, ça bave un peu et ça choque bien le regard sur les clichés vers lesquels le moteur de recherche nous dirige. 

L’ami imaginaire de Natalia DE MELLO est doté de toutes les options et toute les fonction dès le début des années 2000. Une critique maligne et sexy du morcellement opéré par la donnée, même mise en commun. Son autre installation, Machins-Machines, pointe vers les bruits qui nous entourent. 

Les électrogrammes de Claire WILLIAMS ressemblent à un grand instrument de musique et tricotent en code les fréquences sonores d’un milieu. 

Déclenchée par la décès de Paul Virilio qui a été son professeur, l’oeuvre Horizon négatif de Eric VERNHES est un programme qui génère des paysages aléatoires en fonction de la pensée de l’urbaniste. L’artiste dit avoir voulu tout repenser depuis certaines images de l’enfances qui sont, d’après-lui, celles que l’on retravaille toute sa vie: Pour Virilio ce sont les bombardements à Nantes pendant la Guerre. Le résultat est intense et électrique et les tirages, lumineux. 

Nous n’avons malheureusement pas pu voir la deuxième oeuvre de Eric VERNHES, Bashô, d’après un poète japonais du 17e, ni les performances de Jonathan SCHATZ, Alex VERHAEST ni même la conférence sur la data de Jacques ANDRÉ, mais nous espérons compléter ce panorama sur le code en ligne, sur le site du Centre Wallonie-Bruxelles..

 

visuels : affiche de l’exposition

François de Coninck et Damien De Lepeleire, J’ai de la chance, 2020

Antoine Bertin, Species Counterpoint – The Steck Pianola Piano – Aeolian Company Advertisement, London, c. 1910 – Antoine Bertin, illustration tirée de la collection Biodiversity Heritage Library

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Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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