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Chu Teh-Chun à la Pinacothèque de Paris : l’abstraction venue de l’Empire du Milieu

Chu Teh-Chun à la Pinacothèque de Paris : l’abstraction venue de l’Empire du Milieu

27 novembre 2013 | PAR Christophe Dard

Le musée propose une rétrospective du peintre Chu Teh-Chun, l’un des artistes chinois les plus célèbres au monde bien que peu connu en France.

Dans le cadre de son exposition en trois volets, « Les peintres témoins de leur temps », la Pinacothèque de Paris propose de découvrir ou redécouvrir jusqu’en mars 2014 trois artistes aussi différents que leur époque, la dynastie Brueghel, Goya et plus près de nous, Chu Teh-Chun. Certes, le choix d’associer ce peintre chinois aux deux autres est plutôt tiré par les cheveux (Chu Teh-Chun est admiratif de Goya depuis un voyage en Espagne dans les années 50) mais qu’importe… Cette rétrospective est une excellente occasion de se plonger dans l’œuvre d’un artiste renommé et côté sur le marché de l’art bien que peu célèbre en France, ce qui n’est pas loin d’être un affront.
En effet, Chu Teh-Chun, né en Chine en 1920 (il a donc aujourd’hui 93 ans), s’est installé dans l’Hexagone en 1955, l’année de la mort de Nicolas de Staël, le peintre qui l’a influencé vers l’abstraction. Chu Teh-Chun est même membre de l’Académie des Beaux-Arts depuis 1997, devenant à cette occasion le premier artiste français d’origine chinoise élu dans cette prestigieuse institution. Mais mieux vaut tard que jamais pour être enfin dans la lumière, lui qui a connu un succès tardif symbolisé notamment par ses 20 années dans un HLM de Bagnolet en Seine- Saint-Denis alors qu’il avait alors déjà exposé dans de nombreux pays.

Une nature haute en couleurs

A l’instar de nombreux artistes asiatiques, la nature sert de point de départ aux peintures de Chu Teh-Chun. Qu’il s’agisse des montagnes ou des saisons, les couleurs reconstituent les formes du paysage et permettent des variations sur la lumière.
Mais cet art abstrait, aussi contemporain soit-il, emprunte également à la tradition et à la calligraphie comme pour nous rappeler que Chu Teh-Chun n’a pas toujours été un peintre dans la lignée de Kandinsky ou de Poliakoff. Avant son arrivée en France dans les années 50, les œuvres sont encore très figuratives et le temps n’est pas si loin où sa famille collectionne les calligraphies. Mais progressivement, ses tableaux deviennent de plus en plus abstraits, tantôt riches en couleur à la manière d’un Maurice Estève, tantôt plus épurés ou autour d’une déclinaison d’une même couleur.
Retraçant près de 60 ans de peinture, l’exposition « Chu Teh-Chun, les chemins de l’abstraction » présente aussi des œuvres plus atypiques comme Inspiration hivernale en 1989 où de la vraie neige semble avoir pris place sur la toile ou Lumière au-delà des fléaux, liée à l’actualité car inspirée des combats de la Guerre du Golfe en 1990.

VISUELS:

Promesse de la terre
1964
Huile sur toile
195 x 130 cm
Collection privée
© Photo: atelier CTC
© Adagp, Paris 2013

N° 286
1968
Huile sur toile
100 x 100 cm
Collection privée
© Photo: atelier CTC
© Adagp, Paris 2013

Nuances féeriques
1990
Huile sur toile
114 x 146 cm
Collection privée
© Photo: atelier CTC
© Adagp, Paris 2013

Reflets ardents
2006
Huile sur toile
130 x 195 cm
Collection privée
© Photo: atelier CTC
© Adagp, Paris 2013

En une :

Rouge, la pluie de pétales sur le village blanc, le nuage au-dessus de la maison
1960
Huile sur toile, 195 x 130 cm
Collection privée
© Photo: atelier CTC
© Adagp, Paris 2013

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Christophe Dard
Diplômé d'un Master d'histoire contemporaine et d'une école de radio, Christophe est journaliste, passé notamment par Europe 1. Il travaille depuis 2013 pour Toute la Culture. Compte Instagram : https://www.instagram.com/christophe_dard/?hl=fr

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