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Chefs-d’œuvre d’Afrique dans les collections du Musée Dapper

Chefs-d’œuvre d’Afrique dans les collections du Musée Dapper

04 octobre 2015 | PAR Araso

La nouvelle exposition du musée Dapper, Chefs-d’œuvre d’Afrique, réunit des pièces majeures de la fondation Dapper et rend un vibrant hommage à son fondateur Michel Leveau. Une plongée au cœur de la vie d’une beauté à couper le souffle.

Entre rigueur et plaisir esthétique

Michel Leveau, président de la fondation Dapper l’a ainsi nommée en référence à l’humaniste hollandais Olfert Dappert qui bien que n’ayant jamais quitté son pays avait rédigé une Description de l’Afrique, publiée en français dès 1686. Passionné plus que collectionneur, Michel Leveau, décédé en 2012, avait pour conviction profonde que les arts africains étaient tout aussi méconnus que méprisés et pour ambition de faire changer le regard des occidentaux sur cette clé d’accès à un patrimoine aussi riche que captivant (voir notre article « Trois bonnes raisons de s’intéresser à l’Art Africain »). A ce titre, l’exposition Chefs-d’œuvre d’Afrique rend un hommage fidèle au travail de toute une vie. La sélection de plus de 130 pièces, masques, reliquaires, statues et artefacts provenant d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest témoigne à la fois de la rigueur scientifique avec laquelle Michel Leveau fit procéder à la collecte et à la datation des œuvres, prenant soin de conserver leur état originel –les connaisseurs apprécieront les reliquaires kota toujours parés de leurs sacs contenant encore les ossements et autres reliques d’ancêtres, pièces d’une rareté et d’une beauté exceptionnelles, et des fétiches toujours couverts de sangs d’animaux et autres offrandes, témoins irréfutables et trop rarement préservés de leur authenticité, et forme une association d’une parfaite harmonie esthétique. La volonté de transmission au grand public d’une ouverture sur la richesse du patrimoine et des cultures africains est palpable.

Entre fétichisme et mysticisme

L’exposition s’ouvre sur la très belle création visuelle d’Aurélie Leveau, Afrique Plurielle, déployée sur trois panneaux de projection vidéo suivant trois chapitres : Libérer les cheveux, Marquer la peau, Danser la mort, qui donne immédiatement et en très peu de mots un sentiment d’ailleurs. Les pièces présentées dans les deux salles suivantes interpellent tantôt par leur beauté universelle, leur singularité, le caractère violemment expressif d’une civilisation aux représentations évocatrices. Les masques effraient, les statues interloquent, les fétiches attendrissent et les substantifs s’associent aux verbes, se conjuguent et se déclinent à l’infini. Qu’il s’agisse du culte des ancêtres dont on veut obtenir la protection dans la guerre ou dans la guérison, matérialisé par les fameux reliquaires chez les Fang et les Kota du Gabon, des statuettes des Kongo et des masques des Kuba du Congo qui mettent en action les forces du surnaturel à des fins de bon fonctionnement des institutions politiques et religieuses, ou encore des artefacts maliens dont la fonction est avant tout éducative et ludique, l’objet est au cœur de la vie des individus dont ils régissent la vie. Entre mysticisme et fétichisme, l’esthétique des objets découle directement de leur fonction : conforter les liens entre le politique, le social et le spirituel.

 Araso

Chefs-d’œuvre d’Afrique, dans les collections du Musée Dapper, 35 bis, rue Paul Valéry – 75116 Paris, jusqu’au 17 Juillet 2016

Infos pratiques

Tripode
Labo des Histoires
Meyer-Nathalie
Musée Dapper

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