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Cet automne, le LaM mène la danse

Cet automne, le LaM mène la danse

02 juin 2018 | PAR Laetitia Larralde

Pour sa prochaine saison d’automne, le LaM propose de faire danser Lille avec deux expositions et un nouvel accrochage de sa collection permanente.

Sous l’impulsion de son nouveau directeur Sébastien Delot, le musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut de Lille a choisi d’explorer le thème de la danse. Danser brut, du corps bondissant au geste ordinaire, sa grande exposition, questionne le lien entre danse et art brut en s’appuyant sur une sélection interdisciplinaire de plus de 250 dessins, photographies, sculptures et films de trente artistes. Plus que la danse, c’est le geste, les différentes façons dont le corps exprime son mouvement dans l’espace, que l’exposition met en lumière. Avec des œuvres aussi variées que des documents du « Bal des folles » de la Pitié Salpetrière et les recherches de Charcot sur les gestes de l’hystérie, le dessin qui permet l’expression corporelle de Nijinski, les performances de Bruce Naumann ou Dennis Oppenheim, ou la communication hors langage des enfants autistes, on explore une poétique du geste. En revenant à la base du principe de la danse, au geste primitif ou incontrôlé, c’est une réflexion sur le rôle essentiel du corps dans la communication que propose le LaM.

Danser brut et Rodin et les mouvements de danse ont pour trait d’union le danseur et chorégraphe Vaslav Nijinski. Se concentrant sur la période 1906-1914, l’exposition explore la construction de Rodin de son répertoire de gestes, guidé par les danses de Nijinski et Isadora Duncan qui s’inspirent de la nature et de l’antiquité et celle des danseuses cambodgiennes. Il observe un corps libéré alternant poses hiératiques et mouvements inédits pour créer des petites figures et des dessins condensant plusieurs décennies d’observation du corps humain.
Cette exposition-dossier vient en contrepoint du nouvel accrochage de la collection permanente. La volonté est de remettre en lumière l’histoire de la collection, qui était à l’origine des collections particulières. On nous fait entrer dans l’intimité des collectionneurs par des anecdotes autour des œuvres qui racontent leur histoire, tant sur leur encadrement, que sur leur accrochage chez les collectionneurs, ou que leur acquisition. Par un partenariat avec le Museum d’histoire naturelle de Lille qui prête des œuvres d’art africain, les différentes collections sont appelées à dialoguer entre elles. Les œuvres classiques juxtaposées aux œuvres contemporaines prennent un nouvel éclairage et remettent en question le regard que le spectateur porte sur elles. Les espaces du musée se mettent au service des collections, mettent les œuvres en relation entre elles et avec le public dans un parcours permettant respirations et nouvelles lectures.

Et en attendant de nous faire danser cet automne, en parallèle de son exposition Débris-collages, le LaM nous permettra de pratiquer nos meilleurs pas lors de leur grand bal du 13 juillet.

Danser brut, du corps bondissant au geste ordinaire – Rodin et les mouvements de danse
LaM – 1 allée du musée – 59650 Villeneuve d’Ascq
à partir du 28 septembre 2018

Visuels : 1- John Elsas, Du musst in einen Cireus gehn…© DR / 2- Janko Domsic, Bonsang © DR / 3- Vaslav Nijinski en 1939. Match, 15 juin 1939 © DR / 4- Auguste Rodin, Mouvement de danse I, avec bras droit et pied gauche ©Musée Rodin / Christian Baraja

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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