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le Canal de Suez à l’IMA : récit d’une construction mythique

le Canal de Suez à l’IMA : récit d’une construction mythique

03 avril 2018 | PAR Mariama Darame

Jusqu’au 5 août, l’Institut du Monde Arabe présente sa nouvelle exposition « L’épopée du Canal de Suez ». Un déploiement inédit d’œuvres et de références à l’un des premiers aménagements stratégiques de l’ère moderne.

Les premières notes triomphantes d’Aïda résonnent. Le célèbre opéra de Verdi fait office de fond sonore pour cette exposition entièrement dédiée au Canal de Suez. Un choix qui ne relève en rien du hasard. L’opéra est à l’origine une commande formulée par le vice-roi d’Egypte Ismaïl Pacha, voulant célébrer ce nouveau passage vers l’Asie, inauguré en 1869. Voilà pour la petite histoire. L’IMA propose donc une immersion dans l’histoire du Canal de Suez, carrefour commercial et culturel qui a façonné la marche du monde.

Deux ans, c’est le temps qu’il aura fallu à l’Institut du monde Arabe pour donner vie à ce projet. Scindée en trois parties, l’exposition rompt avec la présentation linéaire et parfois fastidieuse des grands moments de l’Histoire. Le spectateur est invité à remonter le cours du temps par flashbacks. De la cérémonie d’inauguration somptueuse, aux crises modernes initiées à sa nationalisation en 1956 par Nasser, en passant par les coulisses de sa construction et ses apports culturels, le Canal de Suez est au cœur d’un récit édifiant. Un condensé de 4000 ans d’histoire perçu à travers les nombreux films, documentaires, témoignages, maquettes d’époque, portraits et photos, coupures de presse, tableaux, et autres manuscrits.

Au fil de l’exposition, le visiteur assimile l’importance civilisationnelle de cette voie d’eau. Source d’inspiration pour des artistes tels qu’Hippolyte Arnoux ou Eugène Fromentin, objet de rivalités entre les puissances, et de fantasme pour le monde entier, le Canal de Suez n’a jamais cessé d’influencer au delà des frontières de l’Egypte. Plus encore, cette « épopée du Canal de Suez » exprime le lien qui perdure entre la France et l’Egypte ; et ce, depuis les prémices de sa réalisation, où l’on découvre qu’elle fut menée par le français Ferdinand de Lesseps.

Un projet artistique

Histoire et art se mêlent subtilement. Les peintures du XIXème siècle côtoient les photos de la ville de Port Saïd et son style architectural unique, ou encore les nombreux portraits exposés dont celui de l’impératrice Eugénie, captivent. L’exposition se clôture ainsi sur l’œuvre de Bady Dalloul. Lauréat du Prix pour la création contemporaine arabe 2018 des Amis de l’IMA, cet artiste franco-syrien animé par le désir de réécrire le passé, dévoile sa propre histoire du canal. Son installation composée de photographies d’archives, de dessins, textes et vidéo, manipule les preuves historiques et déplace le canal en plein milieu du désert d’Arabie. Une oeuvre qui témoigne de l’intérêt passionné que le canal suscite encore aujourd’hui. Donc, il ne vous reste plus qu’à vous laisser vous aussi, porter par la vague.

Visuel : affiche

 

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