Expos
[Bruxelles] Ouverture du musée fin de siècle

[Bruxelles] Ouverture du musée fin de siècle

16 décembre 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

La naissance du musée Magritte il y a quatre ans a donné une toute autre dynamique au Palais des Beaux Arts qui cumule désormais bon nombre de musée de la capitale (arts anciens et art moderne sont aussi de la partie), le tout avec de plus en plus de profondeur. C’est entre les étages -5 et -8 qu’a ouvert le très attendu Musée fin de Siècle le 6 décembre dernier. Présentant les collections des musées Royaux des Beaux Arts de Belgique de 1880 à 1900 de manière strictement chronologique, et terminant sur l’incroyable Collection de mobilier art nouveau Gillion Crowet qui a hâté son ouverture, ce Musée Fin de siècle présente certes des trésors du modernisme belge mais sans pédagogie et sans lumière.

[rating=3]C’est dans le fracas de la fermeture précipitée de la grande exposition Rogier van de Weyden qu’à ouvert, vendredi 6 décembre, le Musée Fin de Siècle que nous vous annoncions en octobre. Une bâche destinée à masquer un puits de lumière du nouveau musée a provoqué une infiltration du côté du primitif flamand, ce qui était évidemment impensable, notamment avec de précieuses œuvres sur bois réunies pendant 4 as pour cette exposition… Malgré ce coup de pub bien involontaire, une semaine après l’ouverture, samedi 14 décembre, le musée est plutôt vide. Il est vrai que descendre au 8ème sous-sol quand il fait beau à Bruxelles fait un peu mal au cœur…

On entre dans l’exposition par une série de portraits effectivement fin de siècle et belges, puisque signés Felicien Rops ou Charles Hermans. Le cadre strictement chronologique étonne un peu car certains thèmes comme la fantasia orientaliste, ou l’impressionnisme de Theo van Rysselberghe reviennent à plusieurs niveaux d’une scénographique simple sur fond bleu-vert, ponctuée d’intertitres aussi minimaux que « vers l’art moderne ». Et pourtant, quel dommage de ne pas avoir mis des cartels pour les grands et une interface plus pédagogique pour les jeunes à côtés des œuvres du 6ème sous-sol très réalistes, tels les mineurs de Constantin Meunier (voir visuel), les émigrés et les grévistes de Laermans ou certaines scènes réalistes peintes par le grand James Ensor (Les pochards sont absolument sublimes, voir photo). C’est tout un pan d’histoire sociale qui se dit, et le grand public a bien du mal à lire cette première grande partie de l’exposition. Dans les profondeurs des 7ème et 8ème sous-sol, on arrive enfin au modernisme: quelques préraphaélites, pas mal de gravures d’Odilon Redon et les muses hiératiques attendues de Félicien Rops marquent cette nouvelle étape. Qui aboutit littéralement à la découverte ou la redécouverte d’un immense peintre belge fin de siècle : Léon Spielliaert. Caché en toute fin du musée, la quinzaine de toiles de ce dernier valent à elles seule la fréquentation aventureuse des bas-fonds du Palais des Beaux-Arts. Et l’on arrive en fin de parcours sur la magnifique et voisine collection Gillion Crowet, qui a sa propre scénographie pour inviter le visiteur a se glisser dans le décor somptueux et typiquement bruxellois de meubles et objets art nouveau. Une pure merveille!

Si ni le lieu, ni la présentation, des œuvres du Musée Art Nouveau ne convainquent, l’idée de montrer les trésors belges de la fin du 19ème siècle reste formidable, et il est à parier que Bruxelles trouvera certainement vite une meilleure manière de les présenter.

visuel :
– couvertureLéon Spilliaert : « Baigneuse », 1910. Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, inv. 6622 — © Sabam Belgium. MRBAB, photo : J. Geleyns / Ro scan
– autres : photos de la visite (c) yael hirsch

Decès de l’actrice hollywoodienne Joan Fontaine
«La Rébellion d’un Cœur » : Disiz dévoile un nouvel extrait de « Transe-Lucide »
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *