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Bordeaux : Théo Jansen au FAB 2022

Bordeaux : Théo Jansen au FAB 2022

03 octobre 2022 | PAR David Rofé-Sarfati

En ce vendredi 1er octobre particulièrement lumineux, Théo Jansen, le sculpteur de vent, présentait sur le miroir d’eau l’un de ses Strandbeests (littéralement animaux de plage) dans le cadre du Festival des Arts de Bordeaux. Quand l’animal s’est déplacé sous l’effet du vent, le FAB n’a jamais aussi bien porté son nom.

 

Inauguration du FAB 2022

En voilà un génie comme on n’en fait plus : Bernard Palissy pour l’acharnement, Da Vinci pour les dessins, Clément Ader pour la réalisation, depuis 1997 le plasticien néerlandais Théo Jansen fabrique des « machines » avec des tubes de PVC articulés entre eux sans métal et sans colle. Omniscient à son échelle (il connaît la mécanique, l’aéronautique, l’informatique, la robotique), il adapte à ses Strandbeests la reptation du ver de terre ou la marche du mille-pattes pour en faire des « créatures » autonomes et nourries par le vent, qu’il laisse errer sur les plages de la mer du Nord.

En créateur qui s’efface, on pourrait lui trouver des similitudes avec Dieu, mais c’est plutôt à Darwin qu’il se réfère en montrant la longue généalogie des Strandbeests, fruit de la sélection naturelle sur un chemin parsemé d’échecs et d’erreurs fécondantes. Lui se sentirait d’ailleurs plutôt esclave de ses créatures, jamais totalement autonomes, toujours capricieuses, surtout quand la pression médiatique est là ! On eut beau prier pour que le vent se lève, on n’eut droit qu’à quelques mètres d’avancée à une lenteur désespérante… mais c’était suffisant à la magie !

Une œuvre écologiste

Elle fut certes un peu cassée, quand Theo Jansen, soumis à la pression de l’évènement médiatique, se mit à tirer sa créature réticente par sa voile… Accepter les aléas de la nature est aussi une démarche écologique…

Écologiste, l’œuvre de Theo Jansen l’est sans aucun doute, même si son matériau est en PVC. Outre la matérialisation du vent et la quête d’une autonomie nourrie par les éléments, les articulations de ces squelettes jaunis ont du jeu, de l’autonomie, une place laissée à l’aléatoire, selon une conception moins rigide et moins robotique de la mécanique. Une mécanique floue, comme il existe une logique floue, qui donne à ces Strandbeests une souplesse brinquebalante particulièrement vivante et très éloignée des robots.

Une exposition se tiendra du 1er octobre 22 au 1er janvier 23 au musée des Beaux-Arts pour parcourir un fabuleux bestiaire de Strandbeests, dont les versions anciennes, devenues immobiles, sont les « fossiles » des versions actuelles.

Theo Jansen, fils de paysan du bord de la mer du Nord, n’est ni activiste ni poète d’après lui. Néanmoins ce sont pourtant les termes d’activiste poétique qui nous viennent.

(avec EriKsen)

 

Quelques vidéos disponibles sur le Net donnent toute la mesure de l’œuvre.

 

 

 

Strandebeests, the new génération

EXPO DU 1er OCT 2022 AU 1er JAN 2023

du mer au lun de 11h à 18h

Musée des Beaux-Arts

tous les jours de 8h à 18h

 

Exposition de Strandbeests dans le Jardin de l’Hôtel de Ville

 

CrédiT Photo Pierre Plancheneau

 

 

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David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

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